Nouvelles 80 - août 2025
La fiabilité de la distribution
Le Comité de la fiabilité de la distribution d’Électricité Canada a récemment publié son rapport annuel. Le document renferme des données sur les interruptions de courant survenues en 2024. Il précise la durée de la panne moyenne, sa fréquence et bien plus! Affaires courantes a rencontré Dan Gent, directeur du transport et de la fiabilité, pour en savoir plus sur les effets de ces interruptions sur le client.
À quoi servent les données sur la fiabilité que renferme ce rapport?
Quand on y pense, c’est comme si c’était un rapport de référence. Un service public peut consulter le rapport et comparer sa performance à celle de tous les participants qui siègent au Comité de la fiabilité de la distribution d’Électricité Canada. Grâce au rapport, on peut savoir quels facteurs sont le plus en cause, par entreprise, lorsque survient une panne.
Lorsqu’on sait ce qui cause la plupart des pannes (arbres, météo, animaux, etc.), on peut déterminer comment utiliser ses ressources. Le rapport montre des tendances croissantes et permet aux services publics de justifier, dans leurs demandes tarifaires, la hausse de leurs investissements d’immobilisations.
Pourriez-vous décrire les indicateurs nationaux et ce qu’ils représentent?
Il y a plusieurs indicateurs nationaux, mais je vais parler des plus populaires, soit SAIDI et SAIFI. Ce sont des normes mondiales. Donc, si vous allez en France, au Brésil ou en Allemagne, ils mesurent tous la performance de cette manière. Les gouvernements et les organismes de réglementation s’en servent aussi pour déterminer la performance du système d’électricité.
SAIDI, c’est l’acronyme de System Average Interruption Duration Index. Cet indice correspond au nombre de minutes pendant lesquelles le client moyen manque de courant.
SAIFI, c’est l’acronyme de System Average Interruption Frequency, c’est-à-dire, le nombre d’occasions où les clients ont manqué d’électricité.
Pour avoir une vision d’ensemble, on calcule l’indice CAIDI (Customer Average Interruption Duration Index). À l’échelle nationale, il s’agit du nombre d’heures pendant lesquelles un seul client moyen a manqué d’électricité.
Le rapport de cette année comportait-il des faits amusants?
Depuis quelques années, les arbres ont été la première cause des interruptions de courant. En termes de durée des pannes, ils arrivent en première place à 33 % en 2024. Si un arbre tombe sur une ligne électrique, c’est une question de sécurité : il faut mettre la ligne électrique hors tension et s’assurer que la zone est sécuritaire pour que le service public puisse l’enlever. Il faut aussi tenir compte des débris provenant de l’arbre et des choses qu’il a frappées en tombant, en plus d’identifier les arbres tombés ou qui sont sur le point de tomber. Les chutes d’arbres ne se produisent pas seulement pendant les tempêtes. Il tombe aussi des branches lorsque le ciel est bleu. Replacer la ligne électrique et rétablir le courant prend un peu plus de temps.
Aussi, en 2024, 15 % des pannes ont été causées par un bris d’équipement. Aujourd’hui, les vents violents et les tempêtes de verglas sont plus fréquents, ce qui use l’équipement et les infrastructures plus rapidement. Combien de fois une ligne ou un poteau de distribution peuvent-ils résister à des vents de 120 km/h? Ou combien de fois une ligne électrique peut-elle supporter deux tonnes de glace avant de se rompre? Elle pourrait peut-être rester intacte la première fois, mais après trois fois, elle se brisera.
Les données montrent donc que nous devons penser à l’âge de l’équipement et à son usure d’année en année.
Si le réseau électrique est fiable 99,9286 % du temps, comment se fait-il que des personnes soient privées de courant pendant des semaines, et d’autres, pendant seulement quelques minutes?
Eh bien, l’indice de fiabilité est calculé en fonction de la population totale. On fait la somme des heures de pannes et des heures où les gens sont branchés au réseau électrique.
Vous êtes branché au réseau électrique 8 760 heures par année, mais vous pouvez subir une panne d’un mois. Alors, on divise les 720 heures du mois par 8 760, ce qui correspond en fait à moins de 10 %. Lorsqu’on inverse les choses, la disponibilité ou la fiabilité du branchement au réseau correspond en réalité à 92 %.
On tient compte de TOUTE la population et de CHAQUE panne, qu’elle dure une minute ou une semaine, sur 8 760 heures. Pour le client touché, l’impact est important. Mais du point de vue de la disponibilité du système, c’est très peu.
Autres Histoires
- Prix d’Électricité Canada : c’est le moment de soumettre sa candidature!
- Le balado Flux Capacitor porte sur « l’ingénierie » de la transition énergétique
- Article d’Électricité Canada dans la Publication trimestrielle sur la réglementation de l’énergie
- Alimentation électrique résiliente : construire l’avenir des centres de données – signé Hatch