Nouvelles 91 - juillet 2026
Affaires courantes est le bulletin d'information mensuel d'Électricité Canada qui présente les efforts de représentation, les réussites des membres et les nouvelles concernant le secteur.
Nouvelles 91 - juillet 2026
Nouvelles 90 - juin 2026
Nouvelles 89 - mai 2026
La carte de pointage Alimenter le progrès d’Électricité Canada est une compilation graphique de données de membres d’Électricité Canada illustrant des initiatives de durabilité qu’ils ont menées ou qui s’offraient à eux. Affaires courantes a rencontré Averil Gougeon, analyste des politiques à Électricité Canada, pour parler de ces données.
Bonjour, Averil, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Qu’est-ce que la carte de pointage Alimenter le progrès d’Électricité Canada?
La carte de pointage Alimenter le progrès est un instantané de la performance nationale. Elle repose sur des données cumulatives issues de 42 indicateurs et fournies par des membres d’Électricité Canada des quatre coins du pays. Elle a été conçue pour impulser une amélioration continue, montrer le leadership qui existe en matière de durabilité, accroître la transparence et mieux comprendre la performance des services publics dans les dossiers environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Nous avions déjà un rapport intégral sur les indicateurs de durabilité. Mais la carte de pointage est un instantané plus facile à comprendre sur les efforts inlassables de nos membres dans ce domaine.
Pour colliger toutes ces données des membres d’Électricité Canada, comment procède-t-on?
C’est tout un contrat! Si on lit la carte de pointage, on peut voir que les indicateurs sont très variés. Les membres doivent réaliser tout un travail pour fournir ces données à Électricité Canada, entre autres assurer une coordination interservices. Une fois cette recherche terminée, notre équipe vérifie et valide les données reçues et communique avec les membres lorsqu’il y a des anomalies ou d’apparentes aberrations. Ainsi, nous pouvons maintenir l’intégrité des données pour le projet. La validation faite, nous regroupons les données pour le pays et les analysons pour dégager des tendances.
Dans chaque partie de la carte de pointage, y a-t-il des constats que tu aimerais que les gens retiennent?
La carte de pointage se divise en cinq volets : relations communautaires, fiabilité, lieu de travail juste et sécuritaire, environnement et électrification. Chaque volet représente une dimension différente du développement durable. Pour ce qui est de l’environnement, des enjeux sociaux et de la gouvernance, il n’y a pas un volet qui l’emporte sur les autres, parce qu’ensemble, ils offrent un portrait global de la performance des services publics pour la durabilité.
Le premier volet est celui des relations communautaires. On y voit comment les services publics investissent dans les communautés par des projets d’immobilisation, des partenariats et différents engagements concernant les politiques.
La fiabilité, c’est la performance en matière de pannes, ainsi que la manière dont les services publics gèrent les risques climatiques susceptibles de perturber le service.
Pour ce qui est d’un milieu de travail juste et sécuritaire, cela inclut les pratiques de gouvernance, la performance en santé et sécurité et les politiques de diversité et d’inclusion qui favorisent une main-d’œuvre forte.
Le volet environnemental porte sur les émissions, les déversements, la qualité de l’air et d’autres indicateurs de la protection et de la performance environnementales.
Et pour l’électrification, c’est là qu’on se tourne vers l’avenir et qu’on voit comment l’électrification des transports et du chauffage est en train de changer notre réseau électrique. Les données sur les émissions de gaz à effet de serre se trouvent là parce que l’électrification crée de nouvelles avenues pour réduire ces émissions à l’échelle de l’économie. On y trouve aussi des données sur le véhicule électrique et le virage des voitures au carburant vers les véhicules électriques ou hybrides.
Pour nos membres, nous parlons ici de leur parc de véhicules et nous évaluons si leur engagement pour l’électrification est aussi marqué que celui de la population.
Au cours des cinq prochaines années, selon toi, quels sont les plus grands pas qu’on pourrait prendre pour l’environnement, les questions sociales et la gouvernance?
Ce n’est pas si évident, car la durabilité est un domaine où les priorités et les possibilités changent constamment, tout comme les technologies évoluent. C’est une question de savoir comment les services publics analysent leurs données, gèrent leurs actifs et songent à exploiter leurs systèmes plus efficacement, peut-être en recourant davantage aux énergies renouvelables.
Mais en ce qui concerne l’avenir, je crois qu’une des plus grandes possibilités qui s’offrent au secteur de l’électricité est le développement de l’électrification. C’est une question de favoriser l’électrification dans toute l’économie canadienne et de s’assurer que les infrastructures en construction actuellement sont fiables, résilientes et, espérons-le, renouvelables. Pour y arriver, il faut une planification quinquennale proactive pour le réseau électrique, mais aussi, s’aligner sur d’éventuels objectifs de durabilité à long terme.
Dans l’ensemble, qu’est-ce que la carte de pointage nous révèle sur nos entreprises membres?
Elle nous révèle de bonnes nouvelles sur leur engagement pour des actions durables et pour leur transparence au long de leur trajectoire.
Dans cette version-ci, nous voyons que les pannes et les interruptions de service diminuent, ce qui signifie une croissance globale de la fiabilité et une baisse de 13 % des émissions de portée 1 depuis l’an dernier. Par ailleurs, plus de véhicules des parcs des entreprises membres sont en cours d’électrification et les dépenses en infrastructures ont augmenté.
Je crois qu’il faut remercier et féliciter nos membres de continuer de nous fournir ces données d’année en année. Cela a un impact. C’est utile. Et c’est une merveilleuse façon de faire connaître à la population ce que nous faisons et, pour les services publics, de suivre leurs progrès.
Lire la carte de pointage intégrale.
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Nouvelles 88 - avril 2026
Le jeudi 12 mars, le Comité permanent de la sécurité publique et nationale a adopté des amendements au projet de loi C-8 dont Électricité Canada faisait la promotion depuis près de quatre ans. Leur objet? Harmoniser la réglementation. Affaires courantes a rencontré Éric Jacques, gestionnaire, Sécurité et protection des infrastructures, responsable du dossier, pour en savoir davantage.
Bonjour, Éric, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Qu’est-ce que le projet de loi C-8 et en quoi posait-il des problèmes pour Électricité Canada?
Le projet de loi C-8 est un texte de loi fédéral sur la cybersécurité. Introduit à l’été de 2022, il a été réintroduit l’automne dernier après les dernières élections fédérales. Son principal objectif est de renforcer la cybersécurité d’infrastructures essentielles relevant du gouvernement fédéral. Dans le secteur de l’électricité, il s’agit de centrales électriques nucléaires et de lignes électriques interprovinciales et internationales. Le projet de loi renforce leur cybersécurité en obligeant les exploitants à mettre en place des programmes de cybersécurité, à signaler les incidents de cybersécurité et à suivre des directives gouvernementales.
Ce qui nous préoccupait surtout, c’était le risque que la réglementation soit dédoublée. Notre secteur est déjà assujetti aux normes de protection des infrastructures essentielles de la North American Electric Reliability Corporation (NERC CIP). Selon ces normes, les exploitants doivent lutter contre les cybermenaces et identifier les actifs essentiels. Or, le projet de loi C-8 risquait d’exiger une double conformité sans nécessairement accroître la sécurité. S’il entrait en vigueur tel quel, nos membres auraient été obligés de se conformer à d’autres exigences dans le cadre d’un mécanisme additionnel pour la cybersécurité. Cela alourdit le fardeau administratif sans pour autant apporter plus de sécurité. En plus, en Ontario, les exigences auraient été triples, car dans cette province, les services publics seraient également tenus par la nouvelle loi de signaler les incidents de cybersécurité.
À quoi ont ressemblé les démarches d’amendement du projet de loi?
Pour résumer, il a fallu tenir beaucoup de réunions avec beaucoup de monde.
D’abord, nous avons dû cerner nos préoccupations et définir nos recommandations. Nous avons donc commencé par réunir nos membres. À l’introduction du projet de loi, nous avons formé un groupe de travail interentreprises. Il comportait des membres qui étaient experts en cybersécurité, en conformité et en droit. Ainsi, nous avons pu nommer certaines de nos plus importantes préoccupations au sujet de ce qui s’appelait à l’époque le projet de loi C-26. Puis, nous avons commencé à dialoguer avec nos partenaires gouvernementaux. Nous avons rencontré des dizaines d’intervenants au fil des quatre dernières années pour nous rendre à la ligne d’arrivée. Électricité a participé à l’examen du projet de loi par la Chambre des communes et par le Sénat. Ce fut l’occasion de comparaitre devant des parlementaires et d’énoncer clairement nos préoccupations et nos recommandations. À la réintroduction du projet de loi C-8, nous avons poursuivi ces démarches.
Comme je le disais, une de nos principales préoccupations était le risque de dédoublements en matière de réglementation. Nous avons réussi à faire modifier le libellé pour inviter le gouvernement à regarder les mesures en place pendant qu’il crée des règlements et d’harmoniser le tout dans la mesure du possible. Ainsi, nous jetions de bonnes bases de réglementation dans la foulée de l’adoption de la loi. Électricité Canada continuera de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires fédéraux et de s’assurer que le gouvernement respectera l’esprit de ces amendements lorsqu’il rédige de nouveaux règlements.
Qui as-tu dû consulter pour mener la barque à bon port?
Nous essayons de parler à tout le monde. Par exemple, Sécurité publique Canada, Ressources naturelles Canada, le Centre canadien pour la cybersécurité, la GRC, la Régie de l’énergie du Canada, du personnel ministériel et politique, ainsi que des fonctionnaires. Nous avons parlé à des parlementaires, y compris des députés et des sénateurs du parti au pouvoir et des partis de l’opposition. Nous nous sommes vraiment adressés à tout le monde pour expliquer nos préoccupations. Ainsi, lorsque nous en parlions devant un comité, nos préoccupations et nos recommandations étaient déjà bien comprises.
Tu as travaillé à ce projet pendant quatre ans. Quelles leçons en as-tu tirées?
Certainement, la persistance! Une des choses que j’ai apprises en relations gouvernementales et en représentation, c’est qu’on remporte très rarement la victoire rapidement. Il faut donc continuer sans relâche à communiquer son message et à le faire clairement. De plus, il faut savoir que les efforts investis aujourd’hui peuvent porter des fruits des années plus tard. Donc, on n’obtient pas nécessairement tout de suite les résultats souhaités. Mais au fil du temps, comme ce fut le cas pour le projet de loi C-8, nous avons continué pendant près de quatre ans à exprimer notre message clairement. À force de le faire, ce que nous tentions de dire était déjà bien compris et ce fut une des clés du succès. Une deuxième leçon apprise a été l’importance d’avoir des personnes qui défendent notre cause. Dans notre cas, nous avons eu la grande chance de compter sur une députée qui comprenait nos préoccupations, croyait vraiment à la cause et était disposée à collaborer avec nous pour améliorer le texte de loi. On a vraiment besoin de gens comme cela et il faut faire tout son possible pour les appuyer tandis qu’ils tentent d’améliorer les lois. Dans ce cas-ci, avec un gouvernement minoritaire, des membres de comités faisaient partie de l’opposition, mais leur droit de vote comptait pour beaucoup. Nous avons collaboré de près avec Mme Claude DeBellefeuille du Bloc Québécois, qui a vraiment compris nos inquiétudes et promu ces amendements.
Lire le mémoire intégral d’Électricité Canada dans notre site Web.
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Nouvelles 87 - avril 2026
Le 5 février, Électricité Canada a comparu devant le Comité permanent des banques, du commerce et de l’économie du Sénat du Canada. Nous avons fourni des recommandations pour renforcer le projet de loi S-3, dont l’objet est de moderniser la Loi sur l’inspection de l’électricité et du gaz. Depuis dix ans, le Conseil de la distribution et le Comité de la technologie et des politiques de comptage d’Électricité Canada travaillent à mettre à jour cette loi pour qu’elle incorpore de nouvelles technologies de comptage.
La rédaction d’Affaires courantes a rencontré Shelley Levoy, directrice de la distribution, et un invité spécial : Cameron Chan, ingénieur en chef chargé des normes d’assurance de la qualité et de comptage à ENMAX. Nous avons échangé sur la question et son impact sur le secteur de l’électricité.
Bonjour, Shelley, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Afin de faciliter les choses pour nos lecteurs, pourrais-tu expliquer ce qu’est un compteur et comment il fonctionne?
Essentiellement, un compteur mesure la consommation d’électricité afin de la facturer. Depuis des décennies, cela ressemble à une boîte accrochée à l’extérieur d’une maison. Au début, les composantes étaient mécaniques, un peu comme celles d’une vieille montre. Aujourd’hui, ce sont des logiciels qui mesurent l’électricité, mais ils font toute une série d’autres choses. La fonction de comptage pourrait être intégrée à une station de recharge intelligente, à un système énergétique commercial ou à une infrastructure plus avancée. Ce n’est pas toujours un appareil visible.
Le comptage continue et est toujours réglementé. Mais le compteur pourrait faire partie d’un équipement qui ne ressemble plus du tout au compteur traditionnel que tout le monde a connu.
Qu’est-ce que la Loi sur l’inspection de l’électricité et du gaz et qu’est-ce qu’elle représente pour le secteur de l’électricité?
C’est la loi fédérale qui garantit que lorsqu’un client reçoit sa facture d’électricité, la consommation qu’elle reflète est exacte, vérifiée et justifiée par la loi. C’est fondamental, car si on ne peut pas se fier au comptage, on ne pas se fier au système.
Du côté des services publics qui nous alimentent en électricité, la loi assure une certitude réglementaire. Pour le consommateur, elle offre une protection. Et pour le secteur dans son ensemble, elle est à la base de la structure de revenus qui assure la fiabilité et la sécurité du réseau d’électricité.
Pourquoi faut-il moderniser? Qu’est-ce qui a changé?
La loi remonte aux années 1980. Lorsqu’on y pense, pratiquement tout a changé depuis. L’internet n’existait pas, ni les téléphones intelligents, ni l’infonuagique, ni les appareils intelligents à la maison. Le système d’électricité s’est donc transformé au fil des décennies.
Aujourd’hui, nous utilisons des compteurs numériques, des réseaux de communication sûrs, des logiciels mis à jour à distance et des données d’intervalle détaillées. Le réseau électrique est plus dynamique : le client a des panneaux solaires, des véhicules électriques. Le courant peut circuler dans plus d’un sens.
La loi a été rédigée pour un système beaucoup plus simple, plus mécanique. La moderniser, c’est garder la protection du consommateur intacte dans un système qui ne ressemble plus à celui qu’on imaginait dans les années 1980.
Depuis une décennie, les membres d’Électricité Canada insistent auprès de Mesures Canada pour que cet organisme revoie les composants de la loi.
Par exemple, en 2018, nous leur avons proposé des modifications du texte de la loi et les différentes recherches que nous avions menées. En 2022, des consultations au sujet de la loi ont eu lieu et nous y avons participé très activement, en plus de soumettre nos recommandations. Nous croyons comprendre que toutes ces interventions, surtout en 2018 et en 2022, ont été tenues en compte dans les modifications que renferme le projet de loi S-3.
Concrètement, quelles modifications ou quels éclaircissements Électricité Canada a-t-elle recommandés pour que la loi demeure bien adaptée?
Le Comité de la technologie et des politiques de comptage a bien réfléchi à la manière de procéder.
D’abord, nous avons recommandé que la définition de compteur soit mise à jour en fonction des technologies actuelles, dont les composantes logicielles aujourd’hui intégrales au comptage.
Puis, nous avons demandé des éclaircissements au sujet des unités de mesure légales. Les services publics utilisent de plus en plus des données d’intervalle et des fonctionnalités de pointe. Nous devons donc nous assurer que le cadre tienne bel et bien compte des façons de mesurer et de facturer l’énergie de nos jours.
Les services publics de tout le pays ont soumis ces recommandations de concert. Il ne s’agit pas de changements radicaux, mais bien d’ajustements prudents pour que la loi continue de réaliser son objectif. Il s’agit de protéger le consommateur tout en facilitant l’exploitation du réseau électrique d’aujourd’hui.
De plus, nous voulions que nos recommandations soient mesurées et pratiques. Honnêtement, nous voulions qu’elles se tiennent du point de vue technique et qu’elles soient difficiles à contredire. Encore une fois, nous ne parlons pas d’une refonte de la loi, mais bien de mises à jour ciblées qui reflète la réalité opérationnelle.
Merci d’être avez nous, Cameron! Vous avez comparu devant le Comité permanent des banques, du commerce et de l’économie du Sénat pour présenter ces recommandations. Comment avez-vous vécu cela et qu’est-ce que vous vouliez que les sénateurs retiennent?
Comparaître devant le Sénat est une expérience fascinante, mais aussi, une grande responsabilité. Ce n’est pas tout le monde qui peut observer d’aussi près la prise de décisions gouvernementale. J’ai trouvé révélateur de voir comment la haute direction de Mesures Canada exprime ses objectifs et les difficultés que pose l’administration de lois complexes. Ce fut une expérience riche en enseignements et je me suis senti honoré de porter la responsabilité de représenter des services publics de tout le pays.
Ce que j’espérais faire, c’était de communiquer des notions très techniques de manière accessible pour les sénateurs, sans trop simplifier les choses. Les lois sur le comptage du revenu peuvent être complexes, mais leur portée est très simple. Le client a besoin de savoir que ses factures sont exactes et justes. Il faut maintenir cette certitude dans un environnement où la technologie évolue rapidement.
Le dialogue avec les sénateurs a été constructif et raisonné. Cela m’a rappelé qu’il existe bel et bien un intérêt commun pour que la loi demeure crédible et utile dans les années à venir.
Du point de vue technique, pourquoi était-il important que les sénateurs entendent directement l’avis d’une personne du milieu du comptage du revenu et des normes?
Du point de vue technique, c’était important parce que l’objet des politiques et les réalités opérationnelles ne s’accordent pas toujours. Concevoir, certifier, déployer et exploiter des systèmes de comptage modernes n’est pas toujours évident pour des personnes qui ne font pas partie de l’industrie, surtout lorsque la technologie devient plus intégrée et repose davantage sur des logiciels.
Pouvoir expliquer le fonctionnement du comptage aujourd’hui apporte aux échanges un éclairage fondé sur la réalité pratique. Des définitions et des politiques rédigées sur papier peuvent sembler simples, mais elles peuvent avoir d’importantes répercussions dans le monde réel. Concrètement, cela influe sur la mise au point des systèmes de comptage, l’approbation d’équipement, les preuves de conformité et la structure de la gestion du changement face aux innovations.
Il fallait aussi démontrer que les services publics accordent beaucoup d’importance à la diligence technique. Les recommandations formulées reposent sur des années d’expérience sectorielle, de rigueur dans la conception et d’expertise dans les normes. Elles reflètent un effort conscient d’équilibrer souplesse et conformité à la réglementation.
En fin de compte, ce qu’il faut faire, c’est accommoder l’innovation technologique tout en maintenant des pratiques de comptage justes et la confiance du consommateur. Lorsque cette perspective est présentée par une personne du secteur, cela influe sur les politiques adoptées, qui tiendront compte du fonctionnement réel des systèmes.
Lire le mémoire d’Électricité Canada dans notre site Web.
Le ODG d’EPCOR Utilities est l’invité de Flux Capacitor
Interconnexions de transport: le scénario
Nouvelles 86 - février 2026
Le 26 janvier, Électricité Canada a lancé son huitième rapport annuel sur l’état du secteur canadien de l’électricité, intitulé « Forger l’avenir électrique du Canada ». Le rapport montre ce qu’il faudra faire pour doubler le réseau électrique canadien tout en équilibrant ambition, abordabilité, fiabilité et confiance. La rédaction d’Affaires courantes a rencontré le vice-président des relations gouvernementales d’Électricité Canada, Mike Powell, pour en savoir plus.
Bonjour, Mike, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Cette année, le rapport sur l’état de l’industrie s’intitule « Forger l’avenir électrique du Canada ». En quoi la notion de « forger » englobe-t-elle la thématique du rapport?
[Mike montre le rapport]
Comme tu peux le voir, la photo en couverture est celle d’une usine d’acier où on crée quelque chose. Forger du métal se fait avec de la chaleur et du feu. Mais pour nous, forger se fait par une action ciblée. Il y a deux semaines, le premier ministre a prononcé à Davos un discours qui faisait valoir que le monde est en train de changer. Nous devons nous assurer que nous nous positionnons pour être le plus autosuffisants et autonomes possible. Nous devons être compétitifs et capables de bâtir différemment de ce que nous faisions auparavant. Le fond de la question, c’est que pour alimenter l’économie en répondant aux besoins des gens et des entreprises, il faut commencer par l’électricité.
Aux dernières élections, le gouvernement s’est engagé à faire du Canada une superpuissance de l’énergie propre et traditionnelle. Cela commence par l’immense succès de notre secteur de l’électricité, mais cela ne s’arrête pas là. Nous devons commencer à penser à comment forger un nouvel avenir et bâtir un système d’électricité qui répond aux besoins de demain. Pour le faire, nous aurons besoin de plus de résilience face aux différentes menaces et nous devrons travailler différemment.
Le rapport montre qu’il nous faut un réseau d’électricité intégré. Quelles possibilités s’offrent à nous et où le Canada devrait-il explorer de futures connexions?
Nous avons demandé à Deloitte d’étudier les possibilités de bâtir et d’accroître dans l’immédiat les capacités de transporter de l’électricité entre les provinces canadiennes. Les travaux ont déjà commencé par endroits! La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick construisent déjà une nouvelle ligne qui accroîtra la fiabilité du service entre les provinces atlantiques. Dans l’Ouest canadien, il est possible de mieux relier les Prairies à la Colombie-Britannique. L’Ontario et le Québec échangent déjà de l’électricité pendant leurs saisons de pointe respectives et il serait possible de bonifier cette façon de fonctionner. Nous pourrions en effet mieux utiliser nos actifs existants.
En ce moment, tout le monde manque d’électricité. Nous devons produire plus d’électricité à moyen et long terme. Mais comment pourrions-nous échanger un peu mieux de l’électricité entre provinces et territoires pour nous assurer que nous profitons au maximum de ce que nous avons? Nous avons analysé ce que le gouvernement pourrait faire dans ce sens. Par exemple, planifier, collaborer avec les provinces, les exploitants de systèmes et les services publics pour cerner précisément les possibilités de croissance. Les projets de transport peuvent être très longs à bâtir, d’où l’importance de commencer dès maintenant.
On se félicite de la création du Bureau des grands projets du Canada comme pas important vers la construction accélérée de grands projets d’infrastructures. Mais il y a encore du travail à faire. Pourrais-tu nous parler des prochaines étapes à franchir pour que tous les projets aillent bon train en ce qui a trait aux infrastructures électriques?
Je crois que le Bureau des grands projets fait de l’excellent travail. Trouver quels sont les projets nationaux clés et les faire avancer dans le système est un exploit. Mais il y a tant de ces projets. Nous pouvons déduire quelque chose sur le secteur lorsqu’on sait que sur environ 11 premiers grands projets retenus, trois sont des projets d’électricité. Mais d’abord, nous devons regarder les leçons apprises de ce processus et comment nous pouvons accélérer les projets en général, pour que tout se déroule dans un délai de deux ans. Je crois que concrètement, il s’agira de tirer des leçons de l’expérience du Bureau, de découvrir où le bât blesse et de voir comment nous pouvons simplifier les choses dans l’ensemble.
Puis, il faudra chercher des moyens de continuer à mieux aligner les processus fédéraux et provinciaux pour fonctionner avec une seule approbation nécessaire.
À l’heure actuelle, nous devons trouver tous les mégawatts possibles pour l’avenir. Nous ne pouvons pas simplement multiplier les études si ces études ne nous aident pas à nous assurer que les projets réussiront et qu’ils pourront équilibrer les besoins énergétiques futurs. Nous devons aussi savoir faire notre part que le tout s’intègre bien aux questions environnementales et sociales.
Que voudrais-tu que les gens retiennent de ce rapport?
À mon avis, c’est l’idée que nous avons beaucoup de pain sur la planche si nous voulons devenir une superpuissance énergétique. Mais nous avons déjà une bonne longueur d’avance. Plus de 80 % de notre électricité est sans émissions. Notre électricité est abordable et fiable. Elle repose sur des investissements dans d’immenses actifs que nous avons consentis comme pays, tous les ordres de gouvernement combinés, pour des générations. Mais notre travail n’est généralement pas reconnu. Maintenant, nous devons penser à comment faire reconnaître notre futur travail. Nous en sommes à notre huitième rapport sur l’état de l’industrie, mais l’appel à l’action n’a pas changé : il est urgent d’agir.
Le rapport adresse des recommandations au gouvernement. À ton avis, laquelle devrait-il mettre en pratique en premier?
Je pense à l’une d’elles, à laquelle nous travaillons depuis un certain temps : les règles de la RDEIF. C’est une limite imposée à la déduction d’intérêts. Ils ont changé la façon de calculer les impôts sur les intérêts cumulés pour les dettes. Pourtant, nous demandons aux entreprises d’investir plus dans notre pays pour bâtir des infrastructures. Avec la RDEIF, ces investissements coûtent plus cher. Cela entraîne des conséquences bien réelles pour certains de nos membres en ce qui a trait à des décisions déjà prises.
Pour la RDEIF, ce que nous voulons, c’est qu’on s’en défasse complètement ou qu’on en exempte clairement les dettes existantes et les infrastructures pour que nous puissions commencer à bâtir. Le gouvernement pourrait inclure cela dans un projet de loi budgétaire et l’adopter. Le climat d’investissement au Canada serait ainsi plus propice à la construction des projets dont nous avons besoin. Cela ne demande pas trop de paperasse et il ne s’agit pas de se mettre à bâtir des usines. Tout simplement, quelques fonctionnaires de Finances Canada spécialisés en fiscalité n’auraient qu’à apporter un changement pour que tout retourne à la situation que nous avions il a deux ans. Pour moi, c’est une tâche qu’on coche dans sa liste de tâches un lundi matin, afin de se concentrer ensuite sur les autres tâches difficiles.
Lire le rapport intégral dans notre site Web.
Écouter l’épisode de Flux Capacitor sur l’état de l’industrie canadienne de l’électricité, mettant en vedette l’équipe de la haute direction d’Électricité Canada.
Écouter Francis Bradley, président-directeur général, parler du rapport sur l’état de l’industrie canadienne de l’électricité à la Tribune de la presse parlementaire le 27 janvier 2026.