Affaires courantes

Affaires courantes est le bulletin d'information mensuel d'Électricité Canada qui présente les efforts de représentation, les réussites des membres et les nouvelles concernant le secteur.

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Nouvelles 89 - mai 2026

Carte de pointage Alimenter le progrès

La carte de pointage Alimenter le progrès d’Électricité Canada est une compilation graphique de données de membres d’Électricité Canada illustrant des initiatives de durabilité qu’ils ont menées ou qui s’offraient à eux. Affaires courantes a rencontré Averil Gougeon, analyste des politiques à Électricité Canada, pour parler de ces données.

Bonjour, Averil, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Qu’est-ce que la carte de pointage Alimenter le progrès d’Électricité Canada?

La carte de pointage Alimenter le progrès est un instantané de la performance nationale. Elle repose sur des données cumulatives issues de 42 indicateurs et fournies par des membres d’Électricité Canada des quatre coins du pays. Elle a été conçue pour impulser une amélioration continue, montrer le leadership qui existe en matière de durabilité, accroître la transparence et mieux comprendre la performance des services publics dans les dossiers environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Nous avions déjà un rapport intégral sur les indicateurs de durabilité. Mais la carte de pointage est un instantané plus facile à comprendre sur les efforts inlassables de nos membres dans ce domaine.

Pour colliger toutes ces données des membres d’Électricité Canada, comment procède-t-on?

C’est tout un contrat! Si on lit la carte de pointage, on peut voir que les indicateurs sont très variés. Les membres doivent réaliser tout un travail pour fournir ces données à Électricité Canada, entre autres assurer une coordination interservices. Une fois cette recherche terminée, notre équipe vérifie et valide les données reçues et communique avec les membres lorsqu’il y a des anomalies ou d’apparentes aberrations. Ainsi, nous pouvons maintenir l’intégrité des données pour le projet. La validation faite, nous regroupons les données pour le pays et les analysons pour dégager des tendances.

Dans chaque partie de la carte de pointage, y a-t-il des constats que tu aimerais que les gens retiennent?

La carte de pointage se divise en cinq volets : relations communautaires, fiabilité, lieu de travail juste et sécuritaire, environnement et électrification. Chaque volet représente une dimension différente du développement durable. Pour ce qui est de l’environnement, des enjeux sociaux et de la gouvernance, il n’y a pas un volet qui l’emporte sur les autres, parce qu’ensemble, ils offrent un portrait global de la performance des services publics pour la durabilité.

Le premier volet est celui des relations communautaires. On y voit comment les services publics investissent dans les communautés par des projets d’immobilisation, des partenariats et différents engagements concernant les politiques.

La fiabilité, c’est la performance en matière de pannes, ainsi que la manière dont les services publics gèrent les risques climatiques susceptibles de perturber le service.

Pour ce qui est d’un milieu de travail juste et sécuritaire, cela inclut les pratiques de gouvernance, la performance en santé et sécurité et les politiques de diversité et d’inclusion qui favorisent une main-d’œuvre forte.

Le volet environnemental porte sur les émissions, les déversements, la qualité de l’air et d’autres indicateurs de la protection et de la performance environnementales.

Et pour l’électrification, c’est là qu’on se tourne vers l’avenir et qu’on voit comment l’électrification des transports et du chauffage est en train de changer notre réseau électrique. Les données sur les émissions de gaz à effet de serre se trouvent là parce que l’électrification crée de nouvelles avenues pour réduire ces émissions à l’échelle de l’économie. On y trouve aussi des données sur le véhicule électrique et le virage des voitures au carburant vers les véhicules électriques ou hybrides.

Pour nos membres, nous parlons ici de leur parc de véhicules et nous évaluons si leur engagement pour l’électrification est aussi marqué que celui de la population.

Au cours des cinq prochaines années, selon toi, quels sont les plus grands pas qu’on pourrait prendre pour l’environnement, les questions sociales et la gouvernance?

Ce n’est pas si évident, car la durabilité est un domaine où les priorités et les possibilités changent constamment, tout comme les technologies évoluent. C’est une question de savoir comment les services publics analysent leurs données, gèrent leurs actifs et songent à exploiter leurs systèmes plus efficacement, peut-être en recourant davantage aux énergies renouvelables.

Mais en ce qui concerne l’avenir, je crois qu’une des plus grandes possibilités qui s’offrent au secteur de l’électricité est le développement de l’électrification. C’est une question de favoriser l’électrification dans toute l’économie canadienne et de s’assurer que les infrastructures en construction actuellement sont fiables, résilientes et, espérons-le, renouvelables. Pour y arriver, il faut une planification quinquennale proactive pour le réseau électrique, mais aussi, s’aligner sur d’éventuels objectifs de durabilité à long terme.

Dans l’ensemble, qu’est-ce que la carte de pointage nous révèle sur nos entreprises membres?

Elle nous révèle de bonnes nouvelles sur leur engagement pour des actions durables et pour leur transparence au long de leur trajectoire.

Dans cette version-ci, nous voyons que les pannes et les interruptions de service diminuent, ce qui signifie une croissance globale de la fiabilité et une baisse de 13 % des émissions de portée 1 depuis l’an dernier. Par ailleurs, plus de véhicules des parcs des entreprises membres sont en cours d’électrification et les dépenses en infrastructures ont augmenté.

Je crois qu’il faut remercier et féliciter nos membres de continuer de nous fournir ces données d’année en année. Cela a un impact. C’est utile. Et c’est une merveilleuse façon de faire connaître à la population ce que nous faisons et, pour les services publics, de suivre leurs progrès.

Lire la carte de pointage intégrale.

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Nouvelles 88 - avril 2026

Victoire d’Électricité Canada au regard du projet de loi C-8

Le jeudi 12 mars, le Comité permanent de la sécurité publique et nationale a adopté des amendements au projet de loi C-8 dont Électricité Canada faisait la promotion depuis près de quatre ans. Leur objet? Harmoniser la réglementation. Affaires courantes a rencontré Éric Jacques, gestionnaire, Sécurité et protection des infrastructures, responsable du dossier, pour en savoir davantage.

Bonjour, Éric, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Qu’est-ce que le projet de loi C-8 et en quoi posait-il des problèmes pour Électricité Canada?

Le projet de loi C-8 est un texte de loi fédéral sur la cybersécurité. Introduit à l’été de 2022, il a été réintroduit l’automne dernier après les dernières élections fédérales. Son principal objectif est de renforcer la cybersécurité d’infrastructures essentielles relevant du gouvernement fédéral. Dans le secteur de l’électricité, il s’agit de centrales électriques nucléaires et de lignes électriques interprovinciales et internationales. Le projet de loi renforce leur cybersécurité en obligeant les exploitants à mettre en place des programmes de cybersécurité, à signaler les incidents de cybersécurité et à suivre des directives gouvernementales.

Ce qui nous préoccupait surtout, c’était le risque que la réglementation soit dédoublée. Notre secteur est déjà assujetti aux normes de protection des infrastructures essentielles de la North American Electric Reliability Corporation (NERC CIP). Selon ces normes, les exploitants doivent lutter contre les cybermenaces et identifier les actifs essentiels. Or, le projet de loi C-8 risquait d’exiger une double conformité sans nécessairement accroître la sécurité. S’il entrait en vigueur tel quel, nos membres auraient été obligés de se conformer à d’autres exigences dans le cadre d’un mécanisme additionnel pour la cybersécurité. Cela alourdit le fardeau administratif sans pour autant apporter plus de sécurité. En plus, en Ontario, les exigences auraient été triples, car dans cette province, les services publics seraient également tenus par la nouvelle loi de signaler les incidents de cybersécurité.

À quoi ont ressemblé les démarches d’amendement du projet de loi?

Pour résumer, il a fallu tenir beaucoup de réunions avec beaucoup de monde.

D’abord, nous avons dû cerner nos préoccupations et définir nos recommandations. Nous avons donc commencé par réunir nos membres. À l’introduction du projet de loi, nous avons formé un groupe de travail interentreprises. Il comportait des membres qui étaient experts en cybersécurité, en conformité et en droit. Ainsi, nous avons pu nommer certaines de nos plus importantes préoccupations au sujet de ce qui s’appelait à l’époque le projet de loi C-26. Puis, nous avons commencé à dialoguer avec nos partenaires gouvernementaux. Nous avons rencontré des dizaines d’intervenants au fil des quatre dernières années pour nous rendre à la ligne d’arrivée. Électricité a participé à l’examen du projet de loi par la Chambre des communes et par le Sénat. Ce fut l’occasion de comparaitre devant des parlementaires et d’énoncer clairement nos préoccupations et nos recommandations. À la réintroduction du projet de loi C­­-8, nous avons poursuivi ces démarches.

Comme je le disais, une de nos principales préoccupations était le risque de dédoublements en matière de réglementation. Nous avons réussi à faire modifier le libellé pour inviter le gouvernement à regarder les mesures en place pendant qu’il crée des règlements et d’harmoniser le tout dans la mesure du possible. Ainsi, nous jetions de bonnes bases de réglementation dans la foulée de l’adoption de la loi. Électricité Canada continuera de travailler en étroite collaboration avec nos partenaires fédéraux et de s’assurer que le gouvernement respectera l’esprit de ces amendements lorsqu’il rédige de nouveaux règlements.

Qui as-tu dû consulter pour mener la barque à bon port?

Nous essayons de parler à tout le monde. Par exemple, Sécurité publique Canada, Ressources naturelles Canada, le Centre canadien pour la cybersécurité, la GRC, la Régie de l’énergie du Canada, du personnel ministériel et politique, ainsi que des fonctionnaires. Nous avons parlé à des parlementaires, y compris des députés et des sénateurs du parti au pouvoir et des partis de l’opposition. Nous nous sommes vraiment adressés à tout le monde pour expliquer nos préoccupations. Ainsi, lorsque nous en parlions devant un comité, nos préoccupations et nos recommandations étaient déjà bien comprises.

Tu as travaillé à ce projet pendant quatre ans. Quelles leçons en as-tu tirées?

Certainement, la persistance! Une des choses que j’ai apprises en relations gouvernementales et en représentation, c’est qu’on remporte très rarement la victoire rapidement. Il faut donc continuer sans relâche à communiquer son message et à le faire clairement. De plus, il faut savoir que les efforts investis aujourd’hui peuvent porter des fruits des années plus tard. Donc, on n’obtient pas nécessairement tout de suite les résultats souhaités. Mais au fil du temps, comme ce fut le cas pour le projet de loi C-8, nous avons continué pendant près de quatre ans à exprimer notre message clairement. À force de le faire, ce que nous tentions de dire était déjà bien compris et ce fut une des clés du succès. Une deuxième leçon apprise a été l’importance d’avoir des personnes qui défendent notre cause. Dans notre cas, nous avons eu la grande chance de compter sur une députée qui comprenait nos préoccupations, croyait vraiment à la cause et était disposée à collaborer avec nous pour améliorer le texte de loi. On a vraiment besoin de gens comme cela et il faut faire tout son possible pour les appuyer tandis qu’ils tentent d’améliorer les lois. Dans ce cas-ci, avec un gouvernement minoritaire, des membres de comités faisaient partie de l’opposition, mais leur droit de vote comptait pour beaucoup. Nous avons collaboré de près avec Mme Claude DeBellefeuille du Bloc Québécois, qui a vraiment compris nos inquiétudes et promu ces amendements.

Lire le mémoire intégral d’Électricité Canada dans notre site Web.

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