Nouvelles 85 - janvier 2026
Une nouvelle année avec Électricité Canada
Électricité Canada amorce une autre année et nous sommes prêts à relever de nouveaux défis! La rédaction d’Affaires courantes a rencontré notre PDG, Francis Bradley, pour parler de prévisions pour 2026, des possibilités qui se profilent à l’horizon et, bien entendu, du balado Flux Capacitor.
Bonjour, Francis, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer! Lors de notre entrevue de l’an dernier, vous aviez prévu qu’en 2025, les grands dossiers seraient les changements politiques et une demande croissante à satisfaire. Que dites-vous de ces prévisions aujourd’hui?
Je crois que ces deux dossiers ont effectivement évolué!
Au Canada, en tout début d’année, on supposait que les Conservateurs allaient remporter les élections haut la main et que tout allait changer. Mais en fin de compte, ce n’est pas ce qui s’est passé. Un autre gouvernement libéral a été élu, mais c’est un gouvernement libéral très, très différent, qui gère très différemment tous les dossiers qui nous intéressent.
Côté politique, nous avons cessé de parler de combien les choses allaient changer. Nous avons un gouvernement qui semble vouloir gérer certains des changements inévitables afin de relever les défis transfrontaliers.
À pareille époque l’an dernier, nous étions confrontés à d’éventuels droits de douane, car le président élu, qui n’était pas encore président, semblait envisager cette possibilité. Et bien entendu, il y a eu des droits de douane, et ils ont beaucoup affecté l’économie canadienne.
Pour ce qui est de la demande croissante en électricité, certains trimestres, elle a été moins importante, car au moins un trimestre a connu une récession. Si certains secteurs le ressentent, nous savons maintenant mieux à quoi va ressembler la croissance de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’électricité. Nous n’en connaissons pas les menus détails, mais nous savons deux choses. Premièrement, la demande accrue générée par les centres de données et les hyperscalers sera encore plus importante que nous le croyions. Deuxièmement, à Ottawa, nous avons un gouvernement qui semble tout à fait déterminé à assurer pour le Canada un secteur d’IA souverain, chose qui était encore inédite il y a un an.
Comment cela va-t-il se répercuter sur la demande en électricité? Ces dernières années, nous avons parlé de l’importance cruciale de la fiabilité. Lorsque l’électricité répond à peine à 20 % des besoins de consommation finale d’énergie en sol canadien, la fiabilité demeure importante. Cependant, elle sera bien plus importante dans le futur, car la consommation finale d’énergie connaîtra un essor jamais vu à cause de la façon dont l’IA s’alimentera en électricité.
Donc, je crois que nous aurons besoin plus que jamais de fiabilité à cause de notre recours croissant à l’IA. Et on dirait qu’ici, à Ottawa, il existe une volonté politique pour que la souveraineté des centres de données, de l’intelligence artificielle et de notre infrastructure électronique soit assurée. Même si nous ne savons pas exactement à quoi cela va ressembler, le tout prendra des proportions inouïes.
À votre avis, quels autres dossiers seront d’actualité pour le secteur de l’électricité en 2026, à part les centres de données et les hyperscalers?
Ce sera une croissance accrue de la demande et comment nous y répondrons grâce à notre souveraineté dans des secteurs cruciaux. Nous ne parlons pas uniquement d’IA. La semaine dernière, j’étais sur la Colline parlementaire pour intervenir dans le dossier de l’acier. Chaque pays du G-7 possède un secteur de l’acier très robuste. Les défis sont de taille, mais le Canada possède tant de ressources naturelles pour alimenter un secteur comme celui-là. Certainement, des difficultés surgissent dans l’immédiat avec des mises à pied annoncées par Algoma. Mais à long terme, les perspectives sont vraiment réjouissantes.
Quant à nos défis dans le commerce international, ils demeureront à court ou moyen terme. Mais à long terme, le Canada dispose des ressources et de l’énergie voulues pour devenir ce que le gouvernement souhaite : une superpuissance dans ces domaines. Qu’il s’agisse d’électricité, de minéraux critiques ou d’autres minéraux.
Nous entendons parfois des propos sortir de la Maison-Blanche, par exemple : « Nous n’avons pas besoin de ce qu’il y au Canada. » Mais nous pouvons démontrer que cela est faux.
Le plan d’affaires d’Électricité Canada, axé sur la croissance et l’optimisation économiques, la résilience et la sécurité énergétique, est maintenant en vigueur. Comme association, comment bâtissons-nous sur ces « grands rochers »?
Nos comités du Conseil d’administration ont subi leur baptême de feu et comprennent mieux ce qui se fait dans nos conseils et comités.
Pour ces trois objectifs stratégiques, je crois qu’en 2026, ces comités émettront des directives très claires qui nous aideront à centrer et à cibler davantage nos activités. Ainsi, dans ces trois domaines que tu as mentionnés, croissance et optimisation, résilience et sécurité, nous serons plus efficaces.
Dès la fin de 2025, nous avons franchi de premières étapes. Par exemple, le Comité de la sécurité a été très actif et davantage de nos PDG ont maintenant des cotes de sécurité. En novembre, nous avons lancé une série de séances d’information classifiées pour les membres du Conseil. Le Comité de la sécurité commence d’ailleurs à ressembler à l’Electricity Sub-sector Coordinating Council (ESCC). Cet organisme américain réunit des PDG et de hauts fonctionnaires pour échanger sur les enjeux les plus cruciaux du secteur.
De plus, au sein de deux autres comités, des PDG s’impliquent désormais dans ces dossiers. Ainsi, nous sommes plus fixés et mieux en mesure de défendre clairement les intérêts de notre secteur.
2026 regorge à la fois de défis et de possibilités. Quels défis sont à surveiller et quelles possibilités vous emballent-elles?
À mon avis, le plus grand défi du côté des politiques fédérales tient aux manières dont le gouvernement pourrait ou devrait nous aider à bâtir en vue de la demande future. Va-t-il atténuer ou non les défis que pose le choix de l’emplacement des projets? Je crois que le projet de loi C-5 (Unité de l’économie canadienne) ne laisse aucun doute que ce gouvernement est déterminé à réaliser de grands projets. Mais quelques problèmes persistent. Pour commencer, le projet de loi C-5 ne vise qu’un petit nombre de projets jugés d’importance nationale. D’abord, si nous voulons relever les défis de l’avenir, au lieu de dépendre d’un petit nombre de grands projets, nous devons dépendre d’un grand nombre de moyens et petits projets, comme la réfection d’installations existantes.
Ensuite, il faut résoudre les difficultés fondamentales qui découlent du choix d’emplacements et au dédoublement de la réglementation au sein de différents ministères. Il y a encore des lois et des règlements qui empêchent nos membres d’avancer dans leurs projets. Je pense au Règlement sur l’électricité propre, à la Loi sur les pêches, à la Loi sur l’évaluation d’impact et à la Loi sur les eaux navigables canadiennes.
Quant aux possibilités, eh bien nous savons que la demande va augmenter et continuera d’augmenter, même si les États-Unis prennent du recul en matière de protection de l’environnement et de décarbonation. Nous savons aussi que le client continue d’électrifier, qu’il s’agisse de transports, de chauffage domestique ou d’une automatisation accrue. Dans notre secteur en croissance, les possibilités sont réelles. Je vois l’avenir dans une optique positive, car un secteur de l’électricité en croissance s’harmonise très bien avec un gouvernement fédéral qui dit vouloir faire avancer des projets plus rapidement. Cela montre que nous verrons une véritable accélération des projets dans notre secteur.
Donnez-nous un aperçu de ce que le Flux Capacitor nous réserve en 2026.
Nous terminons 2025 avec 130 épisodes du balado et en 2026, nous célébrons le 135e anniversaire d’Électricité Canada! Je crois qu’en 2026, l’auditeur peut s’attendre à un retour aux échanges en personne et à moins de conversations par Zoom.
En 2025, j’ai réalisé quelques épisodes en personne et j’ai trouvé que les échanges étaient meilleurs. Comme Allan Danroth et moi en discutions pendant le 130e épisode, nous avons passé les cinq dernières années et demie devant nos écrans d’ordinateur et cela fait toute la différence de pouvoir converser et nouer des liens en personne et en temps réel.
J’espère aussi qu’on me recommandera d’autres lectures. Pendant la dernière année, nous avons reçu 22 excellentes recommandations. La première, qui est venue de Ross Johnson en début d’année, était le livre Ministry of the Future. J’ai lu cet ouvrage percutant, fantastique et effrayant. La dernière recommandation venait d’Allan : Vimy, de Pierre Berton. Je n’ai pas encore commencé à le lire, mais j’ai bien hâte de le faire, et de recevoir d’autres suggestions en 2026.
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