Qui bâtira le réseau électrique du Canada?

Selon un document de discussion conjoint d’Électricité Canada et d'Énergie positive à l’Université d’Ottawa, la disponibilité de la main-d’œuvre constitue une contrainte cruciale de l’expansion du réseau électrique, près de 28 000 nouveaux travailleurs étant nécessaires d’ici 2028.

La main-d'œuvre est une « infrastructure habilitante » et le Canada ne peut pas bâtir le réseau électrique de l’avenir sans cette main-d'œuvre. C’est une des principales conclusions d’un nouveau document de discussion d’Électricité Canada et d’Énergie positive à l’Université d’Ottawa.

Intitulé Bâtir la main-d’œuvre du secteur canadien de l’électricité : Aligner politiques, investissements et ressources humaines pour la croissance, le nouveau rapport traite d’un des défis les plus urgents que le secteur doit relever. Celui de se pourvoir des ressources humaines nécessaires pour bâtir, exploiter et entretenir le réseau électrique dont dépendent les Canadiens et les Canadiennes.

D’ici 2050, la demande en électricité au Canada pourrait augmenter de 50 %. Parallèlement, on anticipe que le secteur aura besoin de près de 28 000 nouveaux employés d’ici 2028, vu compte tenu de sa croissance et d’une prochaine vague de départs à la retraite.

Tout en examinant les possibilités et les défis liés à la main-d'œuvre auxquels devra faire face le secteur de l'électricité au Canada le document identifie des mesures qui permettraient au secteur de répondre à une demande croissante tout en assurant un système d’électricité fiable, abordable et de plus en plus propre.

Le document de discussion souligne plusieurs enjeux :

  • Trouver suffisamment de travailleurs spécialisés est l’un des plus importants défis que doit relever le secteur électrique.
  • Les 15 700 départs à la retraite attendus dans le secteur canadien de l’électricité entre 2023 et 2028 expliquent 57 % de ses besoins en recrutement.
  • Combler ce vide dès maintenant aiderait à achever les projets et les infrastructures essentielles à temps et à gérer les coûts.
  • Nécessité de planifier les infrastructures, de prendre des décisions réglementaires et d’investir en fonction des besoins en effectifs pour que les projets suivent leur échéancier et se rendent à terme.
  • Si 60 % des employés du secteur électrique utilisent des outils d’intelligence artificielle, seuls 24 % ont suivi une formation dans ce domaine.

Le document Bâtir la main-d’œuvre du secteur canadien de l’électricité : Aligner politiques, investissements et ressources humaines pour la croissance repose sur des perspectives sectorielles, gouvernementales, universitaires, syndicales et autochtones. Il vise à influencer le débat et à appuyer les mesures concrètes qui aideront le Canada à se doter des ressources humaines dont il a besoin pour alimenter sa croissance future.

Le document se trouve sur le site Web d’Électricité Canada.

Citations
« L’avenir électrique du Canada repose sur les gens. Nous pouvons obtenir du financement, des approbations et de l’équipement, mais sans une main-d’œuvre qualifiée capable de réaliser des projets, le progrès s’arrêtera. Si le Canada veut bâtir le réseau électrique qui pourra alimenter notre croissance économique, il faudra faire de la planification de la main-d’œuvre une question aussi urgente que les autres formes d’infrastructures essentielles. »

  • Josée Guibord, présidente-directrice générale, Électricité Canada

« Aucun secteur ne peut développer à lui seul le capital humain nécessaire pour bâtir le réseau électrique de l’avenir. Gouvernements, industries, syndicats, partenaires autochtones et établissements d’enseignement devront tous mettre la main à la pâte. L’objectif est d’aligner le développement des talents sur les besoins en infrastructures pour que le Canada concrétise ses ambitions en matière d’électricité. »

  • Monica Gattinger, présidente fondatrice, Énergie positive