Interview / 15 octobre 2026

Rencontre avec Josée Guibord

Le 8 septembre 2026, thé vert en main, Josée Guibord entreprenait ses fonctions de présidente-directrice générale d’Électricité Canada. Forte de 25 années d’expérience dans les secteurs de l’énergie, des mines et des infrastructures, elle entre à Électricité Canada à un moment charnière pour le secteur canadien de l’électricité. L’équipe d’Affaires courantes l’a rencontrée pour parler de son expérience, de ce qui l’a attirée vers ce rôle et de sa vision pour l’avenir de notre secteur et de notre organisme.

Qu’est-ce qui vous a attiré vers Électricité Canada et ses activités?

Cela fait un bon moment que je connais Électricité Canada, notamment à titre de membre de son Conseil d’administration. Lorsque le poste de PDG est devenu vacant, j’ai cru pouvoir faire une différence. J’étais emballée par cette nouvelle possibilité et je me suis empressée de soumettre ma candidature. Je me passionne pour le secteur de l’électricité, où j’ai travaillé pendant 13 ans, et je voulais y revenir. En plus, j’ai voulu saisir l’occasion unique qui fait d’Électricité Canada l’allié de nombreux services publics et acteurs du secteur.

Résidente d’Ottawa connaissant le marché local et le gouvernement fédéral, j’ai cru que le rôle réunissait plusieurs volets. J’ai trouvé particulièrement attrayante la possibilité d’avoir un impact global sur le secteur, et j’ai aussi été motivée par le fait que je connaissais déjà certaines des personnes impliquées et des membres de l’équipe.

En pensant à la stratégie nationale pour l’électricité et au moment que traverse le secteur canadien de l’électricité, qu’est-ce qui vous emballe?

En effet, la stratégie nationale pour l’électricité est un moment unique pour le secteur. Électricité Canada faisait pression depuis un bon moment pour qu’une stratégie soit mise en place à l’échelle du pays. Comme pays, nous en avions besoin, surtout en cette ère d’électrification et de changements climatiques. Le moment est venu pour un organisme comme celui-ci de défendre tout ce que font nos services publics et les acteurs du secteur pour promouvoir l’électricité et impulser la croissance économique du pays.

Où se situe Électricité Canada dans les possibilités que nous réserve l’avenir?

Porte-parole national de l’électricité au Canada, notre organisme est écouté et c’est stimulant d’en être la PDG. Nous renforçons notre économie et exécutons de nouveaux projets à l’échelle du pays. À ce propos, nous reconnaissons que l’électricité va jouer un grand rôle, que ce soit dans la fabrication d’équipement, les services professionnels, l’IA ou les centres de données. Les provinces le savent et le gouvernement fédéral le sait. Nous devons viser juste ou agir rapidement. Notre gouvernement saisit l’occasion que nous offre la stratégie nationale pour l’électricité afin d’accomplir ce qu’il faut et le budget d’automne qui s’en vient bientôt aura un impact sur tout cela. Nous devons profiter de la situation en 2027.

Ayant siégé au Conseil d’administration, notamment à titre de vice-présidente, vous connaissez bien Électricité Canada. En quoi vos nouvelles fonctions de PDG vous procurent-elles une expérience différente?

Quel que soit l’organisme, siéger au conseil d’administration et être PDG sont des rôles très différents. On passe de fonctions accomplies à distance avec une vision limitée de la réalité, à être sur le terrain et immergé dans tout ce qui se passe. Ayant été membre du Conseil d’administration d’Électricité Canada pendant un moment, j’ai bien compris le secteur, ses différentes parties prenantes, et j’ai une idée claire des objectifs que nous visons.

Mais ce que j’ignorais, c’est tout le travail qui se fait dans les coulisses et que la plupart des gens à l’extérieur de l’organisme ignorent aussi. Tout le travail qu’il faut réaliser pour avoir gain de cause, publier un document ou rédiger un texte qui fait autorité. Il se passe beaucoup de choses. Il y a beaucoup de collaboration et c’est épatant de voir combien nos différents comités et conseils font équipe avec des services publics membres de tout le pays pour faire avancer tous ces projets et initiatives.

En pensant à l’année qui vient, quelles sont les plus importantes priorités d’Électricité Canada?

À mesure que la stratégie nationale pour l’électricité se concrétisera, je crois qu’elle éclairera globalement la réalisation de nos objectifs et de nos activités. Nous espérons que le prochain budget nous apportera aussi un bon éclairage et un bon soutien pour guider l’accomplissement de ces priorités.

Mais pour être plus concrète, je crois qu’en premier lieu, il s’agira de financer la construction des infrastructures électriques afin de doubler la taille de notre réseau d’ici 2050. Nous tâcherons de promouvoir et d’ajuster des mesures existantes, que ce soit les CII ou d’autres modèles de financement.

Ensuite, au front de la réglementation, les dossiers évoluent rapidement, même au cours des deux dernières semaines! Le projet de loi C-39 a été déposé et relance le Règlement sur l’électricité propre et la Loi sur les pêches. La réforme de la réglementation peut se faire dans l’immédiat, ce qui sera bénéfique pour nos membres et notre secteur.

En troisième lieu, il y a la réglementation économique. Nous voulons aider notre organisme et nos membres à s’assurer que l’ambition sur la scène politique, que ce soit au provincial ou au fédéral, correspondra aux habitudes et au processus de la réglementation économique. Nous voulons nous assurer que nos organismes de réglementation sont équipés pour répondre aux ambitions fixées par les gouvernements et notre secteur.

Enfin, en ce qui a trait à la croissance qui nous attend, si nous voulons doubler la taille du réseau électrique, nous avons encore bien du pain sur la planche pour nous assurer que nous sommes résilients et que des priorités nouvelles et prochaines, comme les centres de données pour l’IA et les charges importantes, sont bien planifiées. Ce que nous voulons, c’est qu’en tant qu’organisme, Électricité Canada peut appuyer la réalisation de ces projets. J’ai bien hâte d’entreprendre tout ce travail en ces temps passionnants.

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