Affaires courantes

Affaires courantes est le bulletin d'information mensuel d'Électricité Canada qui présente les efforts de représentation, les réussites des membres et les nouvelles concernant le secteur.

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Nouvelles 64 - avril 2024

Le moment est venu d’obtenir un oui

Le secteur de l’électricité a peut-être enregistré des gains gigantesques l’an dernier, mais la culture du « non » représente un défi, énorme lui aussi. Les projets d’électricité sont retardés ou stagnent à l’étape des approbations. Il y a pourtant des solutions simples pour rendre notre réseau électrique plus propre, plus fiable et plus abordable.

Dans ce contexte, la dernière publication d’Électricité Canada sur l’état de l’industrie de l’électricité s’intitule « Obtenir un oui ». Le document met en évidence les possibilités et les défis actuels du secteur de l’électricité. Pour en savoir davantage, la rédaction d’Affaires courantes a rencontré Graeme Burk, co-rédacteur du rapport et directeur des Communications à Électricité Canada.

Bonjour Graeme, merci de nous rencontrer. Qu’est-ce donc que le rapport sur l’état de l’industrie?

Chaque année, Électricité Canada produit un document sur l’état actuel de l’industrie de l’électricité. Nous nous en servons lorsque nous faisons du lobbying et dans nos relations avec les gouvernements et les acteurs du secteur. Il donne une idée des grandes priorités du secteur en ce moment. C’est un peu comme le discours sur l’État de l’Union, mais cela porte sur le secteur de l’électricité au Canada.

Pourquoi ce rapport a-t-il pour titre « Obtenir un oui »?

Quand j’ai commencé à travailler à Électricité Canada en 2022, le thème du rapport était « accélérer la carboneutralité », car nous avons bien du pain sur la planche et nous devons nous activer si nous voulons que le réseau électrique soit carboneutre d’ici 2035 ou 2050. L’an dernier, le titre du rapport était « Bâtissons », car nous étions convaincus qu’il fallait d’abord et avant tout bâtir le réseau et nous craignions que le temps viendrait à manquer.

Et puis cette année, nous avons décidé de laisser de côté les métaphores sur la nécessité de bâtir. Nous nous sommes demandé : « Qu’est-ce qui nous empêche de vraiment faire avancer les choses? ». Nous l’avons intitulé « Obtenir un oui » parce que nous trouvions que certaines choses ralentissaient tout le processus, surtout en ce qui a trait à la réglementation, en ce qui a trait aux lois, en ce qui a trait aux procédures.

En fait, il y a toute une gamme de choses qui nous empêchent d’avancer et nous voulions expliquer cette situation davantage. Si nous ne pressons pas le pas, nous n’allons pas respecter les échéances de 2035 ou de 2050.

Comment se porte en ce moment le secteur de l’électricité au Canada?

L’an dernier a été une grande année pour l’électricité. C’est, à mon avis, ce qu’il est vraiment important de comprendre. Nous devons faire de véritables pas en avant pour construire d’ici 2050 un réseau électrique plus grand, plus fiable et plus abordable. Le budget fédéral a alloué aux projets d’électricité près d’un dollar sur huit. Du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.

En même temps, depuis l’annonce du budget, nous avons dû composer avec beaucoup d’incertitude. Le Règlement sur l’électricité propre est sorti en août. Ce n’était qu’une ébauche et le règlement est en cours de révision. Mais cette première ébauche en a déçu plusieurs, qui pensent que les ressources allouées ne suffisent pas pour réaliser dans les délais impartis tout ce qu’il faut faire.

Et puis, le dernier budget a prévu un grand potentiel d’investissement avec des mesures comme les crédits d’impôts pour capitaux et les contrats sur différence pour le carbone. Mais aucun de ces deux dossiers n’a vraiment avancé. Alors d’un côté, nous avons un beau tableau pour le secteur de l’électricité, des choses jamais vues jusqu’ici. De l’autre côté, il y a une panoplie de détails à régler pour que ce tableau devienne une réalité.

Dans l’État de l’industrie de cette année, quelles sont les choses qui inquiètent le plus Électricité Canada?

Évidemment, réussir à bâtir. Je me reporte sans cesse au rapport de l’Institut d’action climatique RBC, qui prévoit une croissance monstre pour le secteur de l’électricité en se basant sur les véhicules électriques, le chauffage domestique et d’autres critères. Mais lorsque cet institut s’est penché sur le secteur en tant que tel, le mot qu’il a choisi pour l’électricité au Canada cette année est moratoire. Beaucoup de projets sont en train d’être ralentis. La Boucle de l’Atlantique est probablement le meilleur exemple. C’est un projet d’envergure qui, j’osais espérer, aurait pu faire d’immenses bonds en avant pour ce qui est de bâtir l’infrastructure. Mais le projet a été mis en sursis indéfiniment. Et en Alberta, on a fait un peu la même chose pour des projets d’énergie renouvelable qui ont été interrompus temporairement.

C’est le rythme auquel les choses avancent qui nous inquiète. Si on regarde le projet du Règlement sur l’électricité propre : entre le moment où on a pensé à un tel règlement, le moment de la parution d’une ébauche et maintenant, on parle d’une très longue période. Et nous sommes encore bien loin d’avoir une version finale de ce règlement. À cause de cela, beaucoup de projets à long terme restent dans la balance.

Aussi, il y a un gros conflit entre les politiques fédérales et les organismes de réglementation des provinces et des territoires. Nous avons remarqué que c’est là un des plus gros problèmes, qui revient constamment. Vous avez l’obligation, imposée par le gouvernement fédéral, de décarboner, mais en même temps, vous avez des organismes de réglementation qui, en fait, se basent sur des règles qui remontent aux années 1960. Pour les grands projets d’infrastructure interprovinciale, cela va causer de sérieux problèmes.

Pour 2024, quelles sont certaines des plus grandes préoccupations?

Je crois que la fiabilité et la résilience sont ce qu’il y a de plus inquiétant. Si on regarde l’an dernier, de 40 à 50 % des pannes ont été causées par les conditions atmosphériques. Dans des endroits tempérés comme Kamloops, en Colombie-Britannique, on a enregistré 62 journées à plus de 30 degrés Celsius. Mais malgré tout ce que le réseau a dû subir, il a tenu le coup. Il a fallu surveiller de près l’équipement et nous nous sommes poussés jusqu’à notre limite opérationnelle. En 2024, nous devrons vraiment travailler fort pour continuer de faire la même chose.

Une autre grande inquiétude serait l’abordabilité. Nous devons nous assurer que les frais d’investissement de la construction ne se retrouvent pas sur les factures d’électricité. Je crois qu’il y a beaucoup à faire pour nous assurer que c’est le contribuable qui assume les coûts de la construction, et non le client de la compagnie d’électricité.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris lorsque vous rédigiez le rapport?

Je crois que ce qui m’a le plus surpris, c’était la section sur la réglementation et toutes les formes de complications qui surgissent quand on essaie de construire quelque chose. Je crois qu’en général, la réglementation est nécessaire : il faut que le gouvernement s’assure que les entreprises ne vont pas polluer ou ne vont pas miner la confiance du public. Mais en même temps, j’ai été complètement abasourdi par la nature complexe du processus des évaluations d’impact! J’étais ahuri par le fait que l’ampleur d’un projet peut mettre des bâtons dans les roues d’une évaluation d’impact, et ce, indéfiniment. Pendant nos recherches, nous avons décidé d’aller voir combien de projets étaient retenus par une évaluation d’impact. Il y en a six, dont deux gros projets électriques. Cela est déconcertant. Quelle entreprise va lancer un processus, avec tous les obstacles qu’elle va rencontrer en chemin, si elle n’est pas vraiment déterminée à aller de l’avant et à faire de gros investissements?

Je crois que le gouvernement doit simplifier ce processus pour qu’il soit plus facile d’avancer. Autrement, les gens seront trop incertains pour investir. Ils seront inquiets par le fait que les choses pourraient être retenues à l’infini.

S’il y avait un chapitre que tout le monde dans le secteur de l’électricité devait lire, lequel choisiriez-vous?

J’aime beaucoup le chapitre sur l’accord social. En fait, je ne savais rien au sujet de l’accord social. Mais notre vice-présidente des Communications et de la Durabilité, Julia Muggeridge, a rédigé cela avec brio, et elle a expliqué le processus de manière accessible. Nous avions une étude de cas, celui de SaskPower. Nous avons parlé de tout ce que cette entreprise a fait pour convaincre les gens d’accepter des choses comme les petits réacteurs modulaires et d’autres constructions dans le secteur énergétique. C’est vraiment de la mobilisation communautaire à son meilleur. C’est aller à un aréna de hockey pour rencontrer les gens et répondre à leurs questions. Pendant la pandémie de COVID-19, ils ont organisé des assemblées communautaires monstres sur Zoom et c’est inspirant de voir combien ils ont réussi à mobiliser les gens.

Mais ce que j’ai retiré de tout cela, c’est que c’est ainsi que nous allons obtenir un oui. Arriver à un oui, c’est apprendre à se parler et à travailler ensemble. Je crois que cela vaut autant pour les grandes questions réglementaires et les gros projets électriques interprovinciaux, que pour trouver les meilleurs endroits où installer un petit réacteur modulaire, comme à Estevan, en Saskatchewan. Pour lancer le bal, il faut se mettre à parler aux gens.

Lire « Obtenir un oui » : L’État de l’industrie canadienne de l’électricité.

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Nouvelles 63 - mars 2024

Comprendre la clientèle des membres avec Diana Dominique

Dans le secteur de l’électricité, la clientèle des membres est toujours prioritaire. Chaque année, Électricité Canada mène un sondage national sur la satisfaction de la clientèle au nom de ses services publics membres. Ainsi, ces derniers obtiennent des données et découvrent comment ils peuvent continuer à rendre l’électricité sécuritaire, durable et abordable pour les Canadiens. Pour en savoir plus sur les résultats du sondage de 2023, nous avons rencontré Diana Dominique, directrice principale des solutions pour les clients et de la durabilité.  

Bonjour, Diana, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. Pouvez-vous nous parler un peu de l’origine de ce sondage et de son importance pour nos membres et pour Électricité Canada?  

Nous menons ce sondage national depuis 1988. Il vise surtout la clientèle résidentielle et les membres trouvent utile la perspective nationale qu’il offre de la satisfaction de la clientèle.

Le sondage comprend des données exploitables qui montrent quels domaines nécessitent notre attention. Les membres apprécient ces données et la perspective régionale également. 

Maintenant que nous avons les résultats, pourriez-vous nous parler des grandes tendances qui se dégagent du sondage? Y a-t-il des surprises?

Il se dégage du sondage une satisfaction générale et un indice de satisfaction de la clientèle qui sont généralement stables. Ce sont de bonnes nouvelles! Ainsi, 72 % de la clientèle se dit satisfaite de son distributeur d’électricité. Chez ceux qui connaissent le système, ce pourcentage est plus élevé. Dans l’ensemble, les gens disent recevoir un bon service et une électricité fiable.

Ce sont donc de bonnes nouvelles pour le secteur. Au sein du Conseil de la clientèle et du Comité de l’électricité durable, les membres s’occupent vraiment de ces choses qui comptent pour le client. Il est très bon de voir que nos efforts des dernières années se reflètent dans les données.

Les aspects sur lesquels nous devons nous pencher sont la responsabilité sociale des entreprises et la clientèle. Ce sont deux mesures liées à la crédibilité de la marque. S’occuper de la clientèle signifie, par exemple, prendre soin du client et être transparent, tandis que la responsabilité sociale comprend des mesures comme exploiter l’entreprise d’une manière respectueuse de l’environnement et protéger la sécurité publique.

La surprise, c’est que le prix et la valeur sont restés les mêmes. Cela est très encourageant pour le secteur et nous croyons que cela pourrait s’expliquer par le fait que les taux de l’électricité n’ont pas augmenté au même rythme que l’inflation, du moins pas autant que l’essence et la nourriture, par exemple. En général, les gens sont satisfaits des prix qu’ils paient et de la valeur de l’électricité qu’ils reçoivent. Cependant, cette mesure demeurant un peu plus faible que les autres, nous avons encore du pain sur la planche dans ce domaine.

Autre surprise : la satisfaction a baissé en ce qui a trait à tous les attributs de la fiabilité et de la qualité de l’électricité, même si le nombre de pannes subies est resté le même.

En fait, ce n’est pas vraiment une surprise, car nous avons déjà constaté ce phénomène. C’est que les gens ne sont simplement pas aussi intéressés par la transition énergétique, même si les conditions météorologiques extrêmes sont plus fréquentes. Le changement climatique importe aux Canadiens, mais lorsque cela leur coûte quelque chose, cela leur importe moins.

Qu’est-ce qui compte le plus pour le client canadien et pourquoi?

Ce n’est pas nouveau de cette année : pour revenir sur ce que nous venons de sire, le prix est toujours le facteur numéro un pour le client. L’inflation joue énormément sur les finances des ménages. Selon le sondage, 67 % des clients estiment que rendre l’électricité plus abordable est une priorité absolue. Vient ensuite le renforcement du réseau électrique pour le rendre plus résistant aux événements météorologiques extrêmes et plus moderne, l’objectif étant d’offrir plus de choix au client en matière de technologie.

Selon les résultats de 2023, à quoi devrions-nous nous attendre en 2024? 

  Les choses peuvent changer rapidement en 2024, mais je crois que l’inflation et l’abordabilité demeureront les grands enjeux. Ce sera l’élément clé pour notre secteur. Je crois que les résultats reflèteront ce dont je parlais plut tôt. Ces prochaines années, des hypothèques arriveront à échéance et les personnes à faible revenu et vulnérables seront les plus durement touchées en ce qui concerne l’abordabilité, et même les Canadiens de la classe moyenne. Nous surveillerons ce dossier.

Nous avons aussi remarqué que les clients ne pensent pas tellement à l’électricité, sauf en cas de panne ou lorsqu’ils reçoivent leur facture. Comme secteur, nous devons vraiment mieux communiquer la valeur de l’électricité à notre clientèle.

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Nouvelles 62 - février 2024

Le nouveau prix Figures de l’industrie célèbre des personnes du secteur de l’électricité

À compter du Mois national de l’électricité de cette année (juin), Électricité Canada célébrera les personnes qui innovent et qui dirigent le secteur de l’électricité par sa nouvelle campagne et son nouveau prix « Figures de l’industrie ».

Nous savons tous qu’il y a dans le secteur de l’électricité des personnes parmi les plus talentueuses. Il y a des innovateurs, des visionnaires, des leaders et même des héros. Nous avons créé ce prix parce que nous devons célébrer ces talents. Le secteur de l’électricité, ce n’est pas que des entreprises : ce sont des gens. Le prix Figures de l’industrie permettra de mettre un visage sur le travail que notre secteur réalise maintenant.

Ce printemps, Électricité Canada primera six personnes du secteur de l’électricité comme Figures de l’industrie. C’est vous qui proposerez ces lauréats.

Ils feront partie de la campagne d’Électricité Canada dans les médias sociaux à l’occasion du Mois national de l’électricité en juin. Ils participeront aussi à des événements pendant ce mois.

Nous prions nos entreprises membres de mettre en candidature des personnes présentes dans tous les volets du secteur de l’électricité, allant du travail sur les lignes à l’ingénierie, de la sécurité à la construction, et à tout le reste. Ces candidats auront à leur actif des réalisations exceptionnelles dans leur domaine et auront fait preuve d’innovation et de leadership.

Le formulaire de mise en candidature se trouve dans notre site Web. La date limite est le 15 mars 2024.

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Nouvelles 61 - janvier 2024

Y a-t-il un meilleur moment pour commencer à penser à l’avenir qu’en tout début d’année?

Affaires courantes a rencontré Dan Gent, directeur du Transport et de la Fiabilité, pour faire le point sur les conditions atmosphériques.

Bonjour, Dan, et merci de nous rencontrer. Les conditions météorologiques extrêmes ont beaucoup occupé les membres d’Électricité Canada en 2023. Des incendies de forêt ont détruit plus de 3 000 poteaux électriques, il y a eu des tornades et des ouragans, des tempêtes de verglas à la mi-avril; il a fait chaud, il a fait froid, il a plu et il y a eu de la sécheresse… Quelle météo s’annonce pour 2024?

J’ai beaucoup entendu parler d’incendies de forêt l’an dernier et pour être honnête, nous devrions nous attendre à d’autres incendies de forêt cette année. Mais nous espérons qu’ils ne couvriront pas encore 18 millions d’hectares, un record canadien. Des milliers de poteaux ont été détruits et certains incendies ont provoqué des pannes dans de grands centres urbains. Quant aux autres conditions météorologiques, bien que je ne sois pas un expert, je crois que nous pouvons nous attendre à une autre année mouvementée. El Niño, le phénomène d’air plus sec et plus chaud que nous avons actuellement, devrait se poursuivre jusqu’à la fin de février et certains disent même jusqu’en mars. Puis, avec El Niño, le reste de l’année devrait être chaud. Chaleur est synonyme de choses comme des sécheresses et des incendies de forêt, ce qui se répercutera sur le réseau électrique.

Toujours à cause d’El Niño, je crois que nous verrons plus d’ouragans dans l’Atlantique, où ils ont déjà été nombreux depuis quelques années.

Comment nos membres se préparent-ils à ce genre de météo chaque année? Et si quelque chose se brise, comment pouvons-nous le réparer?

Trois mots. Planifier, planifier et planifier. Dans notre secteur, les entreprises doivent planifier pour le pire. Un service public fait de l’analyse prédictive de la météo qui touche le réseau afin de repérer les points faibles et de les renforcer avant l’arrivée de la tempête. Ainsi, nous pouvons analyser les lieux qui seront touchés et la force de frappe, et envisager le recours à du renfort comme l’assistance mutuelle au besoin.

Nous devons nous assurer que nous avons des pièces de rechange, car nous ne pouvons pas nous permettre d’obsolescence. Électricité Canada parle depuis un bon moment de la nécessité de faire complètement disparaître les poteaux de services publics traités au pentachlorophénol. Nous devons faire preuve de créativité et trouver des solutions pour remplacer l’équipement endommagé et brisé lorsque nous ne pouvons pas compter sur la chaîne d’approvisionnement. Nous devons aussi nous assurer que nous disposons du savoir-faire et du personnel nécessaire pour relever les défis d’aujourd’hui et de demain.

Point de vue réglementation, qu’est-ce qui doit changer pour faciliter les choses?

Excellente question. Les organismes de réglementation provinciaux jouent surtout un rôle de « régulateur économique ». Ils veulent que les tarifs soient abordables et que le réseau soit fiable, avec tout le fardeau que cela représente pour les services publics en matière de production de rapports pour la prise de décisions.

Il serait merveilleux que les organismes de réglementation se demandent ce qu’ils pourraient faire de plus afin de renforcer la fiabilité et la résilience pour les fournisseurs d’électricité. Peuvent-ils créer un programme de recherche et développement sur les techniques d’atténuation des incendies de forêt, comme en Australie?

Les organismes de réglementation pourraient peut-être envisager pour les services publics de nouveaux programmes d’amélioration de la fiabilité et collaborer avec eux à créer un projet pilote. Nous ne pouvons plus continuer à faire les mêmes choses. Le changement climatique a changé la donne pour de bon. Dans notre secteur, tous les acteurs doivent s’adapter et résoudre les problèmes différemment.

En 1998, une tempête de verglas s’est abattue sur des parties du Québec et de l’Ontario pendant plus d’une semaine. Cela pourrait-il se produire aujourd’hui et, en l’occurrence, sommes-nous prêts?

Ah oui, 1998 me rappelle des souvenirs. On a décrété l’état d’urgence, on a eu recours aux forces armées, la glace et les arbres tombés ont écrasé des tours de transport. À certains endroits, il a fallu au moins 6 semaines pour rétablir l’électricité. Ce fut une période très difficile pour beaucoup.

Pour répondre à votre question, il ne faut jamais dire jamais.

Je crois que le réseau actuel est plus fort grâce aux nouvelles normes en place. Les tours de transport peuvent maintenant supporter plus de poids et nous avons de nouveaux outils et de nouvelles technologies. Nous avons tiré beaucoup de leçons de la tempête de verglas de 1998. Je ne crois pas que cela ne pourra jamais se reproduire en cette ère de tempêtes persistantes. Mais je crois que nous sommes mieux préparés et plus résilients que jamais.

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Nouvelles 60 - décembre 2023

Bilan de l’année avec Francis Bradley

Après le symposium Dynamiser les partenariats et la réunion du conseil d’administration qui ont eu lieu en novembre, Électricité Canada s’installe en décembre, réfléchit à une année incroyable et se prépare à ce qui se profile à l’horizon! Affaires courantes s’est entretenu avec le président-directeur général, Francis Bradley, pour une récapitulation de 2023.

Bonjour Francis, merci de vous joindre à nous. Cette année a déjà été marquante, en commençant par les investissements du budget fédéral dans l’électrification et en terminant par le projet de Règlement sur l’énergie propre. Qu’est-ce qui vous a le plus enthousiasmé?

Je pense que, de mon point de vue, c’est le budget fédéral et ses investissements qui sont en tête de liste. C’est la première fois que le gouvernement du Canada apporte un soutien réel et substantiel aux investissements dans l’électricité propre. C’est absolument historique! Depuis de nombreuses années, nous affirmons que la décarbonisation par l’électrification est un bien public. Il s’agit d’une priorité nationale et d’une expansion du système électrique pour concrétiser cette aspiration pancanadienne. Comme il s’agit d’un bien public, les coûts supplémentaires de la réduction des gaz à effet de serre à laquelle nous aspirons devraient être assumés par la société dans son ensemble, et pas seulement par les consommateurs d’électricité, car le secteur de l’électricité est censé décarboniser le reste de l’économie. Par conséquent, nous devons voir comment nous finançons ce dossier, afin de le financer correctement.

Un dollar sur huit dans le budget est destiné à des investissements dans l’électricité propre. C’est une excellente nouvelle. Cela ne va pas tout régler d’un coup, mais c’est un début. C’est un premier pas très important qui montre la volonté du gouvernement fédéral de joindre le geste à la parole, pour reprendre les mots du ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault, le soir du budget.

Nous venons d’organiser l’un de nos plus grands événements de l’année, Dynamiser les partenariats, dont le thème a été « L’avenir de… » et qui a porté sur le Nord, la technologie, l’intelligence artificielle, le transport, l’électricité et l’avenir des gens. Selon vous, à quoi ressemble l’avenir d’Électricité Canada en tant qu’organisme?

En tant qu’association, nous sommes le noyau du secteur de l’électricité depuis plus de 132 ans. Je suis ici depuis 37 ans. Ce que j’ai constaté au cours de mon mandat, c’est que nous avons réussi en tant qu’organisme parce que nous sommes capables de nous réinventer sans cesse et comme l’industrie que nous représentons, nous sommes sommes assez agiles pour le faire.

Lorsque j’ai commencé à travailler à Électricité Canada, ou devrais-je dire lorsque j’ai commencé à travailler ici avant que nous changions deux fois de nom, lorsque nous étions l’Association canadienne de l’électricité, notre principal objectif était opérationnel : il s’agissait d’échanger des renseignements techniques et de faire de la recherche d’ordre technique. Nous avons évolué et nous avons changé en fonction de ce que l’industrie attend d’une association nationale. Nous sommes ainsi devenus une organisation de défense des intérêts. Depuis notre dernier plan stratégique, nous nous concentrons de plus en plus sur l’avenir, sur les questions émergentes et sur les changements politiques, législatifs et réglementaires qu’il nécessitera.

Je pense que Dynamiser les partenariats était un excellent exemple de cette orientation vers l’avenir. C’était le point culminant des changements que nous avons apportés à l’association au cours des dernières années pour nous assurer que nous étions clairement tournés vers l’avenir.

Quels seront les principaux défis et possibilités du secteur de l’électricité en 2024?

Il s’agira avant tout de fiabilité, d’abordabilité et de décarbonisation. Certes, dans l’année qui vient, mais pas uniquement. En fait, il s’agira toujours de fiabilité, d’abordabilité et de décarbonisation jusqu’en 2050 – et d’équilibrer ces trois éléments. Nous devons déterminer de quelles politiques nous avons besoin pour concrétiser nos aspirations à réaliser une économie de carboneutralité en 2050.

En 2024, la prochaine étape consistera donc à déterminer comment construire de bons projets et comment les construire plus rapidement.

Nous devons également simplifier le processus d’approbation et nous débarrasser des processus qui se chevauchent, ainsi que des doubles emplois entre les différents ordres de gouvernement.

En outre, pour réaliser tout cela, nous aurons besoin de personnes pour mener à bien la transition énergétique. Malheureusement, rien n’indique qu’en 2024, nous aurons soudainement une solution à la pénurie de compétences et de personnel. Beaucoup cherchent à résoudre ce problème, y compris nos membres et nos partenaires de Ressources humaines, industrie électrique du Canada.

Une autre chose qui me préoccupe, les chaînes d’approvisionnement. Les délais pour les équipements essentiels s’allongent en fait – j’ai entendu dire par plusieurs de nos membres que ces délais ne diminuent pas. Il y a aussi la concurrence d’autres secteurs qui ont des besoins très similaires et qui sont également en croissance, comme les transports et les télécommunications. Et il y a la concurrence des États-Unis à cause de leur loi sur la réduction de l’inflation.

En 2024, ces défis constitueront une priorité absolue pour nous. Mais ce sont aussi des occasions à saisir. En fait, je pense qu’il y a d’énormes possibilités lorsque nous parlons de construire un avenir plus propre, plus brillant et meilleur.

Nous avons la possibilité de créer et de mettre en œuvre des technologies et des solutions qui vont améliorer la vie grâce à une économie plus propre, à plus de confort et à plus de commodité pour les clients. Nous avons également la possibilité de le faire de manière équitable et d’utiliser la croissance massive que nous allons observer dans le secteur de l’électricité comme moyen de réconciliation avec les peuples autochtones, car notre secteur les accueille de plus en plus comme des partenaires.

Passons à autre chose. Vous en êtes presque au 90e épisode de Flux Capacitor. Qui serait l’invité de vos rêves lorsque vous atteindrez les 100 épisodes et pourquoi ?

Si je pouvais utiliser ma machine à remonter le temps de Flux Capacitor, je retournerais en 1891 et je ferais venir J.J. Wright, le fondateur de cet organisme. Je l’installerais dans la DeLorean et je l’emmènerais dans le futur pour qu’il regarde autour de lui et je soupçonne que sa première réaction serait d’être stupéfait par tout ce qui s’est passé et de voir à quel point la société est différente en raison de l’électrification. D’un autre côté, il serait peut-être déçu de passer de 1891 à 2023, de regarder autour de lui et de se demander où est la voiture volante.

Si je devais choisir une personne vivante... j’inviterais Bill Gates à participer au balado. Il serait absolument fascinant de parler de lui, en raison de tout ce qu’il a fait au long de sa carrière et des grandes répercussions des nombreuses technologies qu’il a mises en place. J’aimerais approfondir avec lui le livre qu’il a écrit il y a quelques années, How to Avoid a Climate Disaster (Comment éviter une catastrophe climatique).

C’était une lecture fascinante, et bien que cela traitait d’une catastrophe climatique imminente, c’était très optimiste. Je ne sais pas si quelqu’un a un ami qui connaît Bill Gates, mais voilà.

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Nouvelles 59 - novembre 2023

Le symposium annuel d’Électricité Canada, Dynamiser les partenariats, se profile à l’horizon!

Cet événement réunit des membres d’un océan à l’autre avec des chefs de la direction et des cadres supérieurs, des entreprises partenaires, des intervenants du secteur de l’électricité et des élus pour discuter des sujets d’actualité de l’industrie et apprendre des conférenciers d’honneur. Affaires courantes s’est entretenu avec Julia Muggeridge, vice-présidente, Communications et Durabilité, pour discuter de l’approche de cette année et de l’avenir du secteur de l’électricité.

Bonjour Julia, merci de vous joindre à nous. Dynamiser les partenariats est l’événement le plus important de l’année pour Électricité Canada. Qu’est-ce qui fait la particularité de ce symposium par rapport aux années précédentes ?

Dynamiser les partenariats a été conçu il y a cinq ans pour rassembler des intervenants gouvernementaux, des partenaires commerciaux et des entreprises membres. Cet événement est entièrement planifié et réalisé par une petite équipe d’Électricité Canada. Si vous assistez à Dynamiser les partenariats, vous verrez les leçons tirées de cinq années d’expérience, qui se sont traduites par une programmation de premier ordre, une magnifique cérémonie de remise de prix et de nombreuses possibilités de réseautage.

Comment le thème de cette année, « L’avenir des… », a-t-il été choisi et que pensez-vous qu’il signifie pour l’industrie ?

Comme la plupart des bonnes idées à Électricité Canada, celle-ci a commencé par un article d’un collègue! Le New York Times avait publié un article sur l’intelligence artificielle (IA), qui faisait valoir que, si l’IA peut faire peur, elle peut aussi être utilisée pour améliorer le sort de l’humanité. J’ai commencé à penser que tous les différents avenirs auxquels nous réfléchissons à Électricité Canada sont intrinsèquement bons. Ils sont bons parce que les gens – qui façonneront l’avenir – sont bons. Avec cette approche optimiste, notre équipe a élaboré un programme qui voit le bon dans la technologie, le transport, l’IA, mais surtout dans les gens.

Cette année, vous êtes passés de tables rondes d’experts de l’industrie à des conférences données par des leaders d’opinion. Qui figure sur la liste des invités et qu’apporteront-ils ?

Nous sommes ravis d’accueillir à Dynamiser les partenariats six conférenciers principaux aux parcours variés. La liste des invités comprend des experts en électricité (bien sûr !), en technologie, en transport et en intelligence artificielle. L’accent étant mis sur la manière dont les personnes interagissent avec les technologies et les transports du futur, nous commencerons et terminerons la journée avec deux conférences axées sur les personnes. Notre discours d’ouverture portera sur le Nord et sur la manière dont nous pouvons mieux collaborer avec les habitants de cette grande région et mieux penser à eux. Notre discours final clôturera la journée et abordera l’avenir… des gens : quelle est notre place dans l’avenir, au travail, à la maison, en interaction avec la technologie ? Vous pourrez voir par vous-même ce qui est prévu en consultant la liste complète des intervenants!


Le programme du symposium comprend six présentations interactives : l’avenir du Nord, l’avenir de la technologie, l’avenir de l’intelligence artificielle, l’avenir des transports, l’avenir de l’électricité et l’avenir des gens. Pensez-vous que nous sommes prêts pour ce qui nous attend?

J’espère qu’à la fin de la journée du 21 novembre, nous aurons une idée claire de la place qui sera accordée aux gens dans les 30 à 50 prochaines années. Mais, comme vous l’avez probablement remarqué, j’ai tendance à être optimiste dans ce domaine.

Quel est l’enseignement que vous souhaitez que le public retienne à l’issue du symposium ?

L’avenir est électrique, lumineux et bon.

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