Interview / 4 septembre 2026

Relation commerciale Canada – États-Unis : perspective d’Électricité Canada

Pendant que la relation commerciale canado-américaine évolue, Électricité Canada collabore de près avec ses membres pour suivre l’actualité, s’attaquer à d’éventuelles répercussions et recueillir les idées et points de vue du secteur. Dans ce numéro d’Affaires courantes, Robin Yee, notre gestionnaire des affaires américaines, fait le point sur le paysage changeant des droits de douane et ses possibles retombées sur le secteur canadien de l’électricité.

Bonjour, Robin, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer. En quelques semaines, la situation des droits de douane a complètement changé. Peux-tu résumer ce qui s’est passé?

D’emblée, on peut dire que le scénario le plus probable cet été aurait été le renouvellement de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique. Mais le 1er juillet, il est devenu évident que cette option n’était plus sur la table. Peu après, les États-Unis ont menacé d’imposer des droits de douane beaucoup plus élevés à des secteurs canadiens clés. L’objectif? Relancer les pourparlers avec le Canada.

À la fin d’août, il semblait qu’une entente pouvait être conclue et ces droits de douane ont même été mis en sursis pour un temps. Mais à la dernière minute, des demandes ont été faites qui semblaient limiter les options du Canada. Cela a mis fin aux négociations et l’équipe canadienne a été rappelée à Ottawa. Les États-Unis ont alors mis en œuvre leurs droits de douane et le Canada a menacé de riposter au dollar près par ses propres droits de douane.

Qu’en est-il de l’électricité dans tout cela?

En ce moment, deux dossiers nous occupent, en commençant par la chaîne d’approvisionnement. La liste de droits de douane imposés en représailles contient des articles que notre secteur utilise et qui seront touchés. Je pense aux structures d’acier, aux conducteurs et aux câbles, dont les coûts pourraient augmenter. Mais même d’autres équipements peuvent être visés, dont les véhicules d’entreprise.

L’autre dossier est le commerce d’électricité, qui n’est pas visé par des droits de douane, mais que nous surveillons de près.

Qu’est-ce que tout cela signifie pour l’industrie de l’électricité et qu’est-ce qu’Électricité Canada fait pour résoudre les difficultés?

Dans le secteur de l’électricité, il règne beaucoup d’incertitude au sujet des coûts, de la planification et de la gestion globale des pressions inflationnaires. Voilà la grande question. Quant à ce que fait l’association, nous collaborons avec nos membres pour déterminer quels sont les secteurs les plus inquiétants. Nous voulons les aider à passer à travers en leur offrant le meilleur soutien possible dans les circonstances. Notre comité de la chaîne d’approvisionnement examine de près ces difficultés et un groupe de travail peut se pencher sur l’ensemble du dossier.

On parle de la possibilité d’utiliser l’électricité comme moyen de négociation. Qu’en penses-tu?

Effectivement, on en parle ici et là et dans les nouvelles. Mais ce n’est pas simple, car l’électricité est provinciale et circule entre les régions. Le système est devenu bidirectionnel, ce qui est très avantageux pour les deux pays en termes de flexibilité pour les coûts et de fiabilité pour la planification. Il existe 31 lignes électriques qui traversent notre frontière et qui peuvent faire circuler de l’électricité dans les deux sens en cas de météo extrême ou de forte demande. Nous croyons qu’il est vraiment important de préserver l’accès. S’en servir comme moyen de pression aggraverait beaucoup les choses.

Comment les négociations se répercutent-elles sur la sécurité énergétique?

Nos deux pays veulent à tout prix s’assurer que nous avons l’énergie qu’il nous faut à des coûts raisonnables. Le système a été bâti et développé comme fondement des forces économiques des deux pays. Il est donc avantageux de pouvoir échanger de l’électricité et de nous appuyer les uns sur les autres, surtout quand les conditions météo sont extrêmes. Et il est bien difficile de changer la géographie. La relation demeure forte lorsqu’il s’agit d’aller s’alimenter dans des régions voisines.

Partager