Affaires courantes

Affaires courantes est le bulletin d'information mensuel d'Électricité Canada qui présente les efforts de représentation, les réussites des membres et les nouvelles concernant le secteur.

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Nouvelles 76 - avril 2025

Propulser la production

Le Conseil de la production d’Électricité Canada s’est réuni à Ottawa pour discuter de la création d’un réseau électrique plus fiable pour les Canadiens. Les membres se sont penchés sur les pratiques exemplaires, les défis à relever et les possibilités à saisir dans ce grand projet. Première étape? Bâtir plus! Nous avons rencontré Brittany Botting, directrice de la production à Électricité Canada, pour en savoir davantage.

Bonjour Brittany, et merci d’avoir accepté de nous rencontrer! Comment le Canada peut-il se préparer à la future croissance de la charge?

Nous sommes dans une période de croissance : je pense à une population et au nombre de logements qui sont à la hausse, à l’électrification industrielle, à la prolifération de l’intelligence artificielle et des véhicules électriques. Et ce n’est là qu’une partie du portrait! La croissance de la charge nécessitera qu’on bâtisse plus d’infrastructure électrique plus rapidement que jamais. On estime à 55 milliards de dollars, au bas mot, les sommes que nous devrons investir chaque année dans nos réseaux électriques pour continuer de répondre à la demande.

Mais pour investir à ce rythme et à cette échelle, les bailleurs de fonds veulent plus de sécurité. Les gouvernements canadiens doivent faire sauter les obstacles à la construction et s’assurer que les règles sont claires, prévisibles et pratiques. Ils devraient chercher à stimuler les investissements au moyen, par exemple, de crédits d’impôt à l’investissement et de prêts avantageux et remboursables. De plus, il faut sensibiliser les éventuels investisseurs aux avantages d'investir dans des réseaux électriques aujourd’hui afin de bâtir un système énergétique plus propre, plus résilient et plus sûr, épine dorsale de notre future économie.

Quels sont les plus grands obstacles à une hausse de la production d’électricité au Canada?

Le défi pour nos membres consiste à trouver le juste équilibre entre abordabilité, fiabilité et durabilité. On se base sur de nombreux facteurs avant de décider d’investir et il peut y avoir des obstacles à chaque étape. Avant de jeter la première pelletée de terre, il faut réaliser quelques prouesses :

Capital – Les projets de production peuvent comporter de longs délais et sont extrêmement couteux. Une entreprise doit obtenir les capitaux nécessaires avant d’investir.

Réglementation – Les nouveaux projets de production électrique doivent passer plusieurs évaluations et obtenir plus d’un permis avant d’être entamés.

Technologie – Certaines technologies de production ont pignon sur rue, mais d’autres sont des nouvelles venues. Elles arrivent avec un cortège de questions techniques et logistiques à résoudre avant d’aller de l’avant.

Accord social – Les nouveaux projets de production électrique sont des projets d’infrastructure gigantesques auxquels il faut rallier les collectivités locales et les groupes autochtones.
Logistique – Les retards dans la chaîne d’approvisionnement et les pénuries de personnel généralisés dans le secteur doivent être tenus en compte.

Comment les membres d’Électricité Canada relèvent-ils ces défis?
À notre dernière réunion du Conseil de la production, j’ai été vraiment frappée par le fait que nos membres collaborent beaucoup pour résoudre certains de ces problèmes. Ainsi, notre représentant de la Société d’énergie du Yukon a expliqué que son organisme a pu participer à une commande de composantes essentielles passée par ATCO pour avancer dans la file d’attente de l’approvisionnement. De même, mais à une échelle beaucoup plus grande, le nouveau protocole d’entente de Churchill Falls stimule la collaboration sur plusieurs plans entre Hydro-Québec et Hydro Terre-Neuve-et-Labrador, avec pour résultat une capacité accrue dans les deux provinces.

Pourquoi la sécurité énergétique est-elle aussi importante et que devons-nous faire pour que le Canada l’atteigne?
L’électricité est la base de tout ce que nous faisons et les Canadiens tiennent si souvent pour acquis qu’en activant un interrupteur, ils allumeront la lumière. Préserver cette certitude pour les familles et l’entreprise en toute circonstance signifie, à mon avis, avoir une sécurité énergétique.
Le réseau électrique nord-américain a accru notre sécurité énergétique depuis des décennies. Mais les menaces qui proviennent des États-Unis pourraient perturber le commerce électrique intégré de nos deux pays. Les Canadiens ont dû s’arrêter pour réévaluer l’état de nos systèmes énergétiques.
Face aux menaces que subit le système, nous devons renforcer notre capacité énergétique nationale pour garantir notre résilience actuelle et future. Pour commencer, nous devons bâtir afin de répondre à une future demande en électricité qui est garantie. Nous pourrions aussi en profiter pour voir grand et nous montrer créatifs face aux problèmes épineux de secteur. Par exemple, serait-il possible de fabriquer en sol canadien des composantes essentielles de l’électricité? Si oui, comment pourrions-nous y parvenir? Aussi, demandons-nous si le branchement est-ouest serait possible.

Remplis l’espace vide – Le secteur de l’électricité doit _____________ ces 10 prochaines années.
bâtir plus d’infrastructure électrique.

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Nouvelles 75 - mars 2025

Énergiser les talents

Dans le secteur de l’électricité, la croissance de la main-d’œuvre pose des défis. Sont en cause des pénuries de personnel, une main-d’œuvre vieillissante et l’évolution rapide des compétences recherchées. Avec la hausse de la consommation et de la demande énergétiques, le secteur tente d’attirer ses atouts les plus précieux – les gens. Nous avons rencontré Natasha Honey, gestionnaire de la sécurité et des ressources humaines à Électricité Canada, pour en discuter dans le cadre de sa nouvelle table ronde intitulée « Énergiser les talents ».

Bonjour, Natasha, merci d’avoir accepté de nous rencontrer. À quoi la première table ronde Énergiser les talents a-t-elle ressemblé?

La première table ronde a eu lieu le 26 février. C’était la première d’une série de conversations approfondies, mais ciblées sur les défis que pose la main-d’œuvre dans le secteur de l’électricité. Elle a porté sur la collaboration entre le gouvernement et l’industrie. Nous avons abordé l’impact des politiques actuelles sur le marché du travail, les éventuelles améliorations à apporter et la manière dont l’industrie et le gouvernement pourraient renforcer leur collaboration pour répondre aux demandes de main-d’œuvre.

Notre objectif était de tracer la voie à suivre, d’arriver à une compréhension commune des principaux défis et de trouver d’éventuelles mesures à prendre. Ce type d’échanges servira idéalement à jeter les bases d’un dialogue continu et d’une planification plus stratégique de la main-d’œuvre.

Qui était présent?

Nous avons réuni des dirigeants de tout le secteur de l’électricité, de la fonction publique et d’organisations syndicales afin d’avoir des perspectives diversifiées.

Des délégués de Ressources humaines, industrie électrique du Canada et du Congrès du travail du Canada étaient à la table. Du côté de nos membres, nous avons accueilli des représentants de Hydro One et d’Ontario Power Generation. Emploi et Développement social Canada a délégué des membres de son personnel, tout comme l’Université d’Ottawa, la Toronto Metropolitan University et la Fraternité internationale des ouvriers en électricité.

Quels sont certains des défis que pose la main-d’œuvre dans le secteur énergétique?

L’un des défis les plus urgents à relever est la pénurie de main-d’œuvre. D’ici 2028, selon des études sur le marché du travail, notre secteur devrait être à court de plus de 20 000 travailleurs. De plus, 17 % de la main-d’œuvre actuelle est censé prendre sa retraite bientôt. Ainsi, la main-d’œuvre est gravement déstabilisée et la planification de la relève devient très difficile.

En revanche, notre secteur évolue à la vitesse de l’éclair. Les nouvelles technologies abondent : production d’hydrogène, systèmes réseau avancés, énergies renouvelables intégrées, etc. Ces technologies nécessitent des compétences que les travailleurs actuels ne possèdent pas. La formation ne suit pas la cadence.

Pour ce qui est des dossiers plus complexes, nous parlons de programmes gouvernementaux qui visent à faire sauter les obstacles administratifs à la croissance de la main-d’œuvre nécessaire pour répondre aux besoins du secteur.

Quelles possibilités la main-d’œuvre du secteur de l’électricité offre-t-elle?

Je crois qu’il y a beaucoup de place à l’amélioration en ce qui a trait à la collaboration publique-privée, thème de la première table ronde. En collaborant, nous pouvons nous assurer que nos politiques et nos programmes de ressources humaines répondent mieux aux besoins du secteur et aident à réduire les pénuries de main-d’œuvre. Nous voulons que le soutien de la main-d’œuvre et de la formation soit plus accessible et souhaitons tracer des cheminements plus clairs pour les personnes qui entrent dans le secteur et qui y évoluent.

Autre avenue à explorer, de nouvelles données et informations permettent de prévoir les travailleurs et les compétences recherchés. Cela facilite une planification plus stratégique de la main-d’œuvre.

De plus, nous pouvons attirer des travailleurs sous-représentés dans le secteur de l’électricité, comme les nouveaux arrivants, les femmes et les Autochtones. Nous pouvons vraiment diversifier l’industrie, projet que je trouve très motivant.

Selon toi, qu’est-ce que les participants peuvent retirer de ces conversations?

J’aimerais que tout le monde reparte en comprenant mieux comment le gouvernement et l’industrie peuvent collaborer davantage pour relever les défis de main-d’œuvre. Plutôt que de donner des normes à suivre, ce que nous voulons avec cette table ronde, c’est découvrir les domaines où nous pouvons apporter plus de soutien et jeter les bases d’éventuelles interventions. En fait, nous espérons lancer ainsi une conversation ouverte qui se poursuivra à mesure que le secteur évoluera.

As-tu des idées pour la prochaine table ronde?

Elle portera probablement sur notre collaboration avec des établissements d’enseignement de tous les nouveaux pour attirer et retenir des talents. Nous voulons que les élèves et les étudiants comprennent le fonctionnement de l’industrie et qu’ils sachent qu’ils peuvent y faire une longue et fructueuse carrière. C’est très important.

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Nouvelles 74 - février 2025

Le commerce de l'électricité en Amérique du Nord

Début février, les États-Unis ont mis en place de nouveaux droits de douane de 25 % sur la plupart des produits canadiens et de 10 % sur les sources d'énergie en provenance du Canada. Le Canada a réagi en imposant des droits de douane similaires sur les produits américains. Le 3 février, ces mesures ont été « suspendues » par les deux pays, et ce, pour un mois. Cependant, des questions subsistent quant aux effets que ces droits de douane pourraient avoir sur le réseau électrique des deux pays s’ils étaient réimposés.

Le commerce d'électricité entre le Canada et les États-Unis dure depuis plus d'un siècle. Le réseau intégré donne aux deux pays un sentiment de sécurité et de flexibilité quant à leur consommation d'énergie, et ils peuvent compter l'un sur l'autre pour maintenir l'approvisionnement électrique en cas de besoin. Current Affairs s'est entretenu avec Robin Yee, responsable des affaires américaines, pour discuter des occasions et des défis potentiels à venir en matière de politique énergétique avec la nouvelle administration.

Bonjour Robin. Merci de vous joindre à nous. Pouvez-vous nous expliquer comment le commerce d'électricité transfrontalier a traditionnellement fonctionné depuis les 100 dernières années, et ce, jusqu'à aujourd'hui?

Le commerce transfrontalier est né de forces et de besoins naturels qui se sont complétés. Au lieu de forcer une région à surconstruire pour répondre à sa demande maximale tout au long de l'année, elle peut se coordonner avec ses voisins et puiser dans leur excédent lorsque l'électricité n'est pas utilisée. Par exemple, les Canadiens ont généralement tendance à consommer plus d'électricité en hiver (pour le chauffage), alors qu'aux États-Unis, la demande est plus forte en été (pour la climatisation). Plutôt que de construire pour se préparer à un pic qui ne se produira que quelques semaines dans l'année, nous pouvons faire preuve de stratégie et trouver un équilibre entre les deux.

Si, comme ils en ont été menacés, les États-Unis imposent des droits de douane sur les produits canadiens, y compris l'électricité, quelles en seraient les conséquences?

Tout d'abord, l'ensemble du système électrique a été construit sur la base d'un commerce de l'électricité sans droits de douane, de sorte que l'imposition de droits de douane causerait de grandes perturbations. Les décisions commerciales ont été prises en fonction de l’abordabilité et de la disponibilité de l'électricité, et pas seulement pour notre secteur, mais aussi aux États-Unis pour les industries qui consomment beaucoup d'énergie. L'imposition de droits de douane a un effet d'entraînement, mais l’impact le plus évident est économique.

Si les États-Unis imposent des droits de douane sur l'électricité canadienne, cela signifie que leurs consommateurs et leurs fabricants paieront l'électricité plus cher. Les États-Unis importent de l'électricité du Canada pour des raisons de rentabilité. Et l'électricité n'est pas un produit que l'on peut facilement se procurer à l'étranger!

Ces mêmes droits de douane pourraient également entraîner une augmentation des factures au Canada. C'est contre-intuitif, mais une baisse des exportations pourrait se traduire par une réduction des revenus à l’échelle nationale. L'électricité vendue est souvent de l'électricité excédentaire, qui n’est pas nécessaire à ce moment-là. En période de surplus de production, comme de l'énergie éolienne ou hydroélectrique, vendre à nos voisins est une solution bénéfique pour tous.

Par ailleurs, même si le Canada est un exportateur net, nous continuons à importer de l’électricité des États-Unis, et ces importations sont importantes dans les régions où elles sont utilisées. La Colombie-Britannique traverse un cycle de sécheresse et a dû accroître ses importations d'électricité ces dernières années. Si les coûts de l'électricité augmentent aux États-Unis, le prix des exportations américaines vers le Canada augmentera également.

Nous surveillons également l'impact sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Là encore, on parle de perturbations, et pour un secteur réglementé qui a de longs délais de planification, d'approbation et d'approvisionnement, les droits de douane apportent beaucoup d'incertitudes dans la chaîne d'approvisionnement en ce qui concerne les coûts et la disponibilité. Cela affecte non seulement les nouveaux projets, mais également la maintenance et la modernisation.

En plus des droits de douane, quels sont les autres aspects des relations entre les États-Unis et le Canada qui nous préoccupent actuellement?

Nous suivons également l’orientation que prendra la politique énergétique des États-Unis. Le nouveau gouvernement a des priorités nettement distinctes de celles du gouvernement précédent, et se concentre davantage sur le développement de la production nationale de pétrole et de gaz. Une grande partie de la politique menée au cours des quatre dernières années sera suspendue ou annulée. L'incertitude réglementaire est importante et je pense que cela constitue un élément majeur à surveiller : des changements auront-ils lieu dans les structures du marché ou dans les hypothèses réglementaires?

Quelles actions avez-vous menées, vous et les membres de l'équipe des relations gouvernementales d'Électricité Canada?

Nous avons été bien occupés! Nous sommes en discussion avec trois groupes principaux. Le premier est constitué de nos membres, en particulier ceux œuvrant dans la commercialisation énergétique, les relations gouvernementales ou la chaîne d'approvisionnement. Nous devons comprendre leurs préoccupations et leurs priorités face à l'évolution du paysage américain.

Nous avons également échangé avec des représentants clés du gouvernement canadien pour partager des informations sur l'industrie et mieux comprendre la réflexion derrière la planification d'une réponse, et la manière dont nous pouvons informer et soutenir cette démarche d'une manière unifiée. Ceci est très important.

Nous avons aussi transmis le message directement aux États-Unis, en rencontrant des dirigeants d'associations industrielles et des parties prenantes. Alors que le nouveau gouvernement s'installe, nous rencontrerons également les responsables de la politique énergétique, comme nous le faisons depuis des années. Le commerce de l'électricité est un élément fonctionnant si bien, depuis des décennies, dans la relation transfrontalière, que cela passe inaperçu pour beaucoup. Mais dans l’ensemble, je constate qu'une fois que l'on examine les avantages que les deux pays en retirent, les gens en comprennent vraiment l’enjeu et la valeur.

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Nouvelles 73 - janvier 2025

Regard sur 2025

Électricité Canada reprend son rythme habituel après les fêtes! La rédaction d’Affaires courantes s’est entretenue avec notre président-directeur général, Francis Bradley. Projets, dossiers et résolutions du Nouvel An pour le secteur de l’électricité résument ses propos.

Bonjour, Francis, et merci de nous rencontrer. Si le secteur canadien de l’électricité avait une résolution du Nouvel An, quelle serait-elle?

Cette question n’est pas facile! Peut-être, avoir le courage de nos convictions? Ou travailler sans relâche à réaliser les changements qui s’imposent pour bâtir le futur système?

Bref, une résolution du Nouvel An qui nous aidera à faire ce qu’il faut et à bâtir. Tandis que nous nous dirigeons vers l’avenir, le défi que doit relever le secteur est une croissance astronomique de la demande. Le genre de résolutions qu’il nous faut, c’est celles qui nous aideront à relever ce très grand défi.

En 2025, quels seront les grands défis et débouchés du secteur de l’électricité?

Eh bien, le premier défi sera celui du changement politique. Nous traversons une période houleuse. Il y aura probablement une élection dans la prochaine année en sol canadien. Chez notre principal partenaire commercial en Amérique du Nord, les États-Unis, une nouvelle administration sera bientôt en place.

Naviguer dans ces eaux inconnues, c’est tout un défi. Quand un gouvernement change, peu importe l’endroit, on peut ressentir des contrecoups politiques. C’est ce qui se produit lorsque les politiques changent du tout au tout et que les décideurs se renvoient la balle. Pour un secteur comme le nôtre, cela est inquiétant, car les investissements qui s’y font toucheront des générations.

Autre défi à relever : répondre à cette demande croissante, ce qu’on appelle aussi assurer la suffisance des ressources. Personne n’avait prévu la vitesse à laquelle la demande augmente à l’heure actuelle. Il y a deux ans, nous nous attendions à connaître aujourd’hui une période de croissance. Nous croyions que l’adoption du véhicule électrique et l’installation de plus en plus de pompes thermiques à domicile expliqueraient la hausse de la demande. Mais en fait, c’est la croissance de la population et la prolifération des centres de données d’IA générative qui sont en cause. Les choses changent rapidement!

Je dis parfois avec un brin d’humour qu’il y a six mois, personne n’avait sur sa carte de bingo de 2024 la remise en fonction de la centrale nucléaire de Three Mile Island pour alimenter précisément les centres de données. Personne ne l’a vu venir. Mais c’est cette courbe de demande qui explique un changement si soudain. Car lorsque vous effectuez une recherche dans ChatGPT plutôt que dans Google, cela nécessite environ dix fois plus d’électricité. Voilà la nouvelle réalité.

Électricité Canada a récemment élaboré un nouveau plan stratégique triennal qui entrera en vigueur en 2025. Quels objectifs renferme-t-il?

Le nouveau plan stratégique porte sur la transition, la sécurité et la résilience. Nos membres cherchent déjà, en premier lieu, à assurer pour leur clientèle un système électrique abordable, sécuritaire et résilient. Comme association, nous voulons leur prêter mainforte. Ces trois prochaines années, il nous incombe de leur fournir de la valeur dans ces trois grands domaines. De produire des solutions stratégiques et réglementaires et d’en promouvoir l’adoption. De communiquer au sujet de l’innovation et du succès du secteur pour aider les membres à tenir leur promesse.

Complétez cette phrase : « En 2025, le secteur de l’électricité aura besoin de plus ________________ ».

En 2025, le secteur de l’électricité aura besoin de plus…

  • De kilowatts heures, évidemment, parce que la demande augmente.
  • De certitude quant aux politiques. Il nous faut une réglementation simplifiée. Les instruments réglementaires se multiplient et entraînent des effets cumulatifs. Cela met des bâtons dans les roues d’excellents projets.
  • De responsables qui comprennent mieux les défis auxquels nous sommes confrontés comme secteur. Au Canada, nous commençons à voir des régions qui ne sauront pas répondre à la demande dans un avenir lointain. C’est très inquiétant. Si le secteur de l’électricité est incapable de fournir l’unique chose dont dépend notre pays – une électricité sûre, fiable et stable –, les choses ne seront pas faciles. Nous disons toujours qu’au Canada, l’électricité représente environ 33 milliards de dollars de notre PIB. Mais ce sont en fait les trois premiers milliards, car le reste de l’économie ne peut pas rouler sans elle.

À quoi ressembleront vos premiers mois de 2025 comme PDG?

D’abord, je sais que je passerai plus de temps à Washington. D’une part, cela est dû à l’incertitude. D’autre part, cela s’inscrira dans le cycle quadriennal d’une nouvelle administration. Nous devons être sur le terrain pour forger des relations. Nous devons nous assurer que nous pourrons collaborer avec des membres de cette administration. Nous devons nous assurer qu’ils comprennent notre secteur et qu’ils sachent qu’ils peuvent faire appel à nous pour résoudre des questions transfrontalières.

Ensuite, dans un même ordre d’idées, je passerai passablement de temps à Ottawa pour discuter des changements politiques ici! Environ chaque décennie, sur la scène canadienne, il se produit un changement de gouvernement qui se répercute sur une dizaine d’années. La décennie du gouvernement Trudeau tire à sa fin. En période de rebondissements politiques, nous pouvons en profiter pour nous assurer que les éventuels nouveaux acteurs du milieu comprennent notre secteur. Nous pouvons aussi en profiter pour aborder quelques-uns de nos défis et de nos préoccupations.

Dans notre cas, une gamme d’instruments réglementaires fédéraux, comme la Loi sur les pêches ou la Loi sur les évaluations d’impact, a des effets cumulatifs. Sa mise en œuvre entrave la réalisation de bons projets d’électricité propre qui nous aideront à décarboner davantage l’économie.

Au début de 2025, moi-même et beaucoup de membres de l’équipe allons voir comment donner forme aux changements politiques qui s’annoncent. À tout le moins, nous voulons nous assurer que les personnes au cœur de ces changements politiques comprennent très bien l’importance du secteur de l’électricité. Ils doivent saisir à quel point il est essentiel d’assurer la fiabilité et l’abordabilité pour les clients. Et ils doivent comprendre l’importance du secteur comme pierre angulaire de toute l’économie.

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Nouvelles 72 - décembre 2024

Les entreprises partenaires

Le programme des entreprises partenaires d’Électricité Canada compte près de 100 entreprises qui fournissent des services et des solutions à tous les volets du secteur de l’électricité. Il s’agit d’un lieu où des maîtres à penser peuvent retrouver des chefs de file du milieu et leur présenter leur expertise. Nous avons rencontré Faran Mirza, gestionnaire du programme des entreprises partenaires et des événements.

Bonjour, Faran et merci de nous rencontrer. Parlez-nous des entreprises partenaires – de qui s’agit-il et pourquoi font-elles une différence pour Électricité Canada et ses membres?

Les entreprises partenaires d’Électricité Canada sont des fournisseurs et des vendeurs de solutions pour le secteur de l’électricité. Ils sont essentiels pour nos membres à cause de leur grande expertise, de leur avant-gardisme et de leur savoir. Ils poursuivent tous les jours des travaux de recherche et d’innovation et apportent ainsi des solutions novatrices qui peuvent aider nos membres à relever leurs défis au quotidien et à long terme.

En quoi est-il avantageux de participer au programme?

L’avantage pour les membres d’Électricité Canada est la possibilité d’apprendre de l’expertise de nos partenaires. Ils peuvent s’informer des innovations et de la recherche qu’ils réalisent. Ils découvrent les problèmes qu’ils tâchent de résoudre avec leurs produits et services.

De plus, nos partenaires peuvent nouer des liens avec leur clientèle actuelle et potentielle. Électricité Canada compte une quarantaine de conseils et de comités. Nous aidons à jumeler nos partenaires au bon groupe pour qu’ils fassent connaître leurs solutions et innovations et répondre ainsi aux besoins de chaque conseil et comité.

En 2025, quelles possibilités s’offriront aux entreprises partenaires?

L’an prochain, les entreprises partenaires pourront assister à des événements d’Électricité Canada, en commençant par DistribuTech. Il s’agit d’un des plus grands événements du secteur de l’électricité au monde! Nous y tenons une grande réception pour les délégués canadiens. Très prisée, la réception permet aux partenaires de se rencontrer en personne.

De concert avec notre Comité de la chaîne d’approvisionnement, nous tenons un événement de « rencontres-éclairs » avec des membres. Un partenaire et un membre sont jumelés pour cinq minutes afin d’échanger. Puis, chacun passe à la personne suivante. C’est un excellent moyen de tirer le meilleur parti de rencontres individuelles.

Il y a beaucoup d’autres événements pendant l’année et nous trouvons toujours des occasions impromptues de réunir tout le monde. Souvent, nos comités invitent à leurs réunions des représentants d’entreprises partenaires comme orateurs ou experts en la matière.

Ces deux dernières années, quels ont été des faits saillants du programme?
Le programme a pris énormément d’expansion ces cinq à six dernières années. Un des plus importants faits saillants a été de retrouver nos partenaires à notre événement annuel Dynamiser les partenariats. Ce sont eux qui ont piloté cette croissance et ils ont appuyé notre programmation comme membres de groupes d’experts et modérateurs. Cela a été vraiment essentiel pour nous. Ils nous ont permis de tenir des événements comme Figures de l’industrie au printemps, qui a connu un immense succès. Nous comptons répéter l’expérience en 2025!

Dans l’ensemble, cela a été très positif et nous avons hâte de voir encore plus croissance ces prochaines années. Chaque année, le programme compte plus de 90 entreprises partenaires, soit deux fois plus qu’en 2018. La variété des partenaires et de leur expertise a aussi augmenté. À mesure que changent le secteur de l’électricité et les priorités de nos membres, nous tâchons de répondre aux besoins grâce à des experts en la matière qui offrent des solutions uniques.


Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre travail avec nos entreprises partenaires?
Je crois que ce qui me plait le plus est de nouer des liens et de découvrir ce que fait chaque entreprise partenaire. Il y a tant de nouveautés dans le secteur au quotidien qu’il est difficile de se tenir à jour. Chaque jour, j’ai la chance d’apprendre de nos partenaires quelles innovations ils sont à produire pour résoudre les problèmes immédiats et à long terme de notre secteur, ce que j’adore. Trouver des façons de mettre des partenaires en lien avec des membres qui tireront parti de leur expertise est un bon défi. C’est amusant au jour le jour.

Pour en savoir davantage sur le programme des entreprises partenaires d’Électricité Canada, veuillez écrire à info@electricity.ca.

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Nouvelles 71 - novembre 2024

Le symposium Dynamiser les partenariats d’Électricité Canada aura pour thème « Que se passera-t-il si… » dans le secteur de l’électricité

Le 26 novembre, notre sommet annuel Dynamiser les partenariats réunira à Toronto des membres d’Électricité Canada, représentés notamment par des présidents-directeurs généraux et des cadres supérieurs. Des entreprises partenaires, des acteurs du secteur de l’électricité et des élus seront aussi présents. Affaires courantes a rencontré Julia Muggeridge, vice-présidente, Communications et Durabilité, pour en savoir plus.

Bonjour Julia, merci de vous joindre à nous! Cette année, notre thème pour «Dynamiser les partenariats» aborde une grande question : «Que se passera-t-il si…». Pouvez-vous nous parler de l’inspiration qui a présidé à la création de ce thème?

L’inspiration du thème de cette année provient de l’examen d’hypothèses, de leur application à des situations réelles et des prévisions qu’on pourra en tirer. Le thème de l’année dernière était « L’avenir de… » et nous a donné l’occasion d’aborder les différentes questions auxquelles le secteur est confronté. Cette année, nous faisons quelque chose de similaire.

En quoi la question «Que se passera-t-il si…» est-elle pertinente pour le secteur de l’électricité?

Qu’il s’agisse de conditions météorologiques extrêmes ou d’une cyberviolation, nos entreprises membres ont déjà vécu de telles situations. Elles sont en mesure de tirer des leçons d’événements précédents et de songer aux moyens de mieux relever ces défis à l’avenir. Le thème s’inscrit dans cette perspective : apprendre du passé pour faire face au présent et à l’avenir.

Nous verrons un mélange de débats d’experts, d’échanges informels et de conférences. Qui prendra la parole?

Nous avons un programme impressionnant pour l’événement Dynamiser les partenariats cette année. Pour commencer la journée, nous avons le lancement d’Électrisant!, un programme scolaire sur l’électricité pour les élèves de 9e et 10e année, qui devrait être fantastique! C’est une grande nouvelle pour notre secteur. Nous sommes ravis d’être présents dans le milieu de l’éducation. Cela se fera dans la foulée du succès de notre formation en ligne sur les principes fondamentaux de l’électricité au Canada, créée il y a quelques années.

Gary Smith, vice-président exécutif de Fortis Inc., prononcera une allocution sur les puissantes tempêtes dont nous avons entendu parler dans les médias.

Nous allons parler de la transition énergétique dans le cadre d’une table ronde. Nous verrons comment elle affecte spécifiquement l’abordabilité. Des intervenants de nos entreprises membres et de certaines grandes banques du Canada, comme BMO, prendront la parole.

Et nous parlerons un peu de la manière de prévoir l’imprévisible. Jim Robb, président-directeur général de la North American Reliability Corporation (NERC), et Monica Gattinger, de Positive Energy, participeront à un échange très intéressant à ce sujet.

Nous terminerons la journée avec Sean Cullen, un humoriste fantastique qui, je pense, plaira à tout le public!

À quelle activité avez-vous le plus hâte et pourquoi?

Même si je trouve intéressantes les discussions sur la technologie, la fiabilité et la cybernétique, j’aime toujours beaucoup les conversations sur les personnes dans les coulisses du secteur.
J’attends donc avec impatience le dernier débat d’experts de la journée, qui portera sur la culture. Nous l’avons intitulé « Que se passera-t-il si votre entreprise doit changer sa culture? ». Il y sera question de la technologie, en particulier de l’intelligence artificielle et de la manière dont elle influence désormais notre façon de travailler. Tant de personnes sont concernées par cette grande mutation!

Nous avons fait appel à un intervenant de Shopify. Il parlera de son expérience de la mise en ligne complète des activités de l’entreprise, qui s’est défaite de tous ses biens immobiliers depuis la COVID. De plus, un psychologue comportemental de BE Works prendra la parole, ainsi qu’un représentant d’une de nos entreprises membres qui a accordé une grande priorité à la culture.

Quel est l’enseignement que vous souhaitez que l’auditoire retienne après le symposium?

Le thème est très vaste. J’aimerais que les participants retiennent ceci : le secteur de l’électricité réfléchit vraiment à l’avenir. Même s’ils repartent avec un seul sujet qu’ils veulent approfondir ou le nom d’un orateur qu’ils veulent consulter, cela voudrait dire que l’événement a eu un impact. Ils comprendront que le secteur ne se contente pas d’avancer. En effet, le secteur de l’électricité réfléchit réellement à la manière dont il peut accomplir les grandes tâches qui lui ont été confiées.

Pour en savoir plus sur Dynamiser les partenariats, veuillez consulter notre site Web.

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