Nouvelles 75 - mars 2025
Énergiser les talents
Dans le secteur de l’électricité, la croissance de la main-d’œuvre pose des défis. Sont en cause des pénuries de personnel, une main-d’œuvre vieillissante et l’évolution rapide des compétences recherchées. Avec la hausse de la consommation et de la demande énergétiques, le secteur tente d’attirer ses atouts les plus précieux – les gens. Nous avons rencontré Natasha Honey, gestionnaire de la sécurité et des ressources humaines à Électricité Canada, pour en discuter dans le cadre de sa nouvelle table ronde intitulée « Énergiser les talents ».
Bonjour, Natasha, merci d’avoir accepté de nous rencontrer. À quoi la première table ronde Énergiser les talents a-t-elle ressemblé?
La première table ronde a eu lieu le 26 février. C’était la première d’une série de conversations approfondies, mais ciblées sur les défis que pose la main-d’œuvre dans le secteur de l’électricité. Elle a porté sur la collaboration entre le gouvernement et l’industrie. Nous avons abordé l’impact des politiques actuelles sur le marché du travail, les éventuelles améliorations à apporter et la manière dont l’industrie et le gouvernement pourraient renforcer leur collaboration pour répondre aux demandes de main-d’œuvre.
Notre objectif était de tracer la voie à suivre, d’arriver à une compréhension commune des principaux défis et de trouver d’éventuelles mesures à prendre. Ce type d’échanges servira idéalement à jeter les bases d’un dialogue continu et d’une planification plus stratégique de la main-d’œuvre.
Qui était présent?
Nous avons réuni des dirigeants de tout le secteur de l’électricité, de la fonction publique et d’organisations syndicales afin d’avoir des perspectives diversifiées.
Des délégués de Ressources humaines, industrie électrique du Canada et du Congrès du travail du Canada étaient à la table. Du côté de nos membres, nous avons accueilli des représentants de Hydro One et d’Ontario Power Generation. Emploi et Développement social Canada a délégué des membres de son personnel, tout comme l’Université d’Ottawa, la Toronto Metropolitan University et la Fraternité internationale des ouvriers en électricité.
Quels sont certains des défis que pose la main-d’œuvre dans le secteur énergétique?
L’un des défis les plus urgents à relever est la pénurie de main-d’œuvre. D’ici 2028, selon des études sur le marché du travail, notre secteur devrait être à court de plus de 20 000 travailleurs. De plus, 17 % de la main-d’œuvre actuelle est censé prendre sa retraite bientôt. Ainsi, la main-d’œuvre est gravement déstabilisée et la planification de la relève devient très difficile.
En revanche, notre secteur évolue à la vitesse de l’éclair. Les nouvelles technologies abondent : production d’hydrogène, systèmes réseau avancés, énergies renouvelables intégrées, etc. Ces technologies nécessitent des compétences que les travailleurs actuels ne possèdent pas. La formation ne suit pas la cadence.
Pour ce qui est des dossiers plus complexes, nous parlons de programmes gouvernementaux qui visent à faire sauter les obstacles administratifs à la croissance de la main-d’œuvre nécessaire pour répondre aux besoins du secteur.
Quelles possibilités la main-d’œuvre du secteur de l’électricité offre-t-elle?
Je crois qu’il y a beaucoup de place à l’amélioration en ce qui a trait à la collaboration publique-privée, thème de la première table ronde. En collaborant, nous pouvons nous assurer que nos politiques et nos programmes de ressources humaines répondent mieux aux besoins du secteur et aident à réduire les pénuries de main-d’œuvre. Nous voulons que le soutien de la main-d’œuvre et de la formation soit plus accessible et souhaitons tracer des cheminements plus clairs pour les personnes qui entrent dans le secteur et qui y évoluent.
Autre avenue à explorer, de nouvelles données et informations permettent de prévoir les travailleurs et les compétences recherchés. Cela facilite une planification plus stratégique de la main-d’œuvre.
De plus, nous pouvons attirer des travailleurs sous-représentés dans le secteur de l’électricité, comme les nouveaux arrivants, les femmes et les Autochtones. Nous pouvons vraiment diversifier l’industrie, projet que je trouve très motivant.
Selon toi, qu’est-ce que les participants peuvent retirer de ces conversations?
J’aimerais que tout le monde reparte en comprenant mieux comment le gouvernement et l’industrie peuvent collaborer davantage pour relever les défis de main-d’œuvre. Plutôt que de donner des normes à suivre, ce que nous voulons avec cette table ronde, c’est découvrir les domaines où nous pouvons apporter plus de soutien et jeter les bases d’éventuelles interventions. En fait, nous espérons lancer ainsi une conversation ouverte qui se poursuivra à mesure que le secteur évoluera.
As-tu des idées pour la prochaine table ronde?
Elle portera probablement sur notre collaboration avec des établissements d’enseignement de tous les nouveaux pour attirer et retenir des talents. Nous voulons que les élèves et les étudiants comprennent le fonctionnement de l’industrie et qu’ils sachent qu’ils peuvent y faire une longue et fructueuse carrière. C’est très important.
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